vendredi 1 décembre 2006

Du bon usage de la grève dans une démocratie

A l'approche des élections présidentielles et législatives, quelques remarques sur l'articulation entre les programmes électoraux, les projets de lois et le "dialogue social". Je pense que si on veut que la démocratie fonctionne, il faut respecter le principe suivant : à partir du moment qu'une réforme est inscrite clairement et noir sur blanc dans un programme électoral, qu'une majorité liée à ce programme est élue à l'Assemblée Nationale, la réforme doit être votée et appliquée et aucune protestation syndicale ou corporatiste, ni grèves, ni manifestations ne devraient pouvoir empêcher l'application d'une réforme qui a été ainsi approuvée par le suffrage universel après une information claire et honnête. Prenons l'exemple de la réforme des régimes spéciaux (RATP, SNCF...), qui me parait indispensable. Il faut avoir l'honnêteté de l'inscrire dans un programme électoral pour pouvoir la faire et lui donner une pleine légitimité. Alors les syndicats ne devraient pas pouvoir imposer à l'ensemble des citoyens de payer des retraites prématurées en partie injustifiée. Néanmoins, on peut faire d'autres réformes concernant la pénibilité du travail et améliorer les conditions de travail des salariés en contrepartie d'un recul de l'age de la retraite, une manière de sortir intelligemment d'une confrontation possible. De même, une période de transition peut être mise en place dans les dernières années supplémentaires (un conducteur RATP agé circulerait sur des lignes plus "faciles", pas la nuit et pas les week-ends par exemple). Je ne conteste pas le droit de grève et de manifestation mais il ne peut être opposable au fonctionnement de la démocratie parlementaire. Dans le cas du CPE, ce projet ne figurait sur aucun programme électoral validé par une majorité d'électeurs : dans ce cas, les grèves et les manifs étaient justifiées.

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