vendredi 7 novembre 2008

Bonnes et mauvaises graisses

"Gros moi ? Je suis juste bien musclé !". Ca pourrait être avec un peu de mauvaise foi une réponse classique d'Obélix aux remarques désobligeantes dont il fait régulièrement l'objet. Des chercheurs (Seale etal. dans un Nature d'Aout 2008) ont montré que la réponse d'Obélix n'est pas si idiote...
Il existe deux types de tissu adipeux (qui contiennent beaucoup de graisse) : le tissu adipeux blanc et le tissu adipeux brun. Le tissu adipeux blanc est purement un tissu de stockage des réserves lipidiques constituées de cellules rendues obèses par une énorme goutte lipidique qui prend un large volume de leur cytoplasme. Le tissu adipeux brun est constitué également de cellules riches en lipides mais sa fonction est différente. Les cellules de ce tissu contiennent des mitochondries (sorte de centrale nucléaire cellulaire qui produit de l'énergie en déplaçant des protons...si, si) particulières qui produisent de la chaleur. Le tissu adipeux brun est très important chez les Mammifères hibernants qui doivent revenir à leur 37-39°C habituels après une hibernation où leur température corporelle peut descendre jusqu'à 10°C. Les nouveaux-nés des Primates (dont nous) ont transitoirement du tissu adipeux brun (entre les omoplates) ce qui permet de faciliter la transition entre le bain thermostaté à 37°C de maman et le monde atmosphérique froid et hostile. Les chercheurs ont montré que ces deux tissus adipeux n'ont pas du tout la même origine chez l'embryon puisque les cellules du tissu adipeux brun sont des dérivés...de précurseurs de cellules musculaires !! Ce qui n'est pas du tout le cas des cellules du tissu adipeux blanc qui ont une origine complètement différente. De manière amusante, remarquons que les muscles ont aussi un rôle dans la thermogénèse, via le frisson thermique, qui crée de la chaleur mais sans utiliser directement les mitochondries.

mercredi 29 octobre 2008

Du dopage dans le "Spore"

Je m'en doutais un peu et je l'attendais...Le jeu vidéo "Spore" qui a été mentionné plusieurs fois ici ne fait pas plaisir à la communauté scientifique, surtout lorsqu'il essaie de trop se prendre au sérieux. Le concept du jeu avait suscité à la fois un certain enthousiasme (enfin un jeu basé en partie sur la biologie et sa théorie la plus importante, la théorie darwinienne de l'Evolution) mais aussi une certaine inquiétude (le grand public, complètement ignare en science, allait prendre les quelques simplifications nécessaires pour faire fonctionner le jeu comme "argent comptant" et l'appliquer au monde réel). Comme je l'ai déja évoqué, le jeu est décevant du point de vue de la "modélisation scientifique" même si il est plaisant à jouer. Ca aurait pu s'arrêter là mais le marketing, finalement assez agressif autour de ce jeu, a dépassé récemment les limites acceptables. En effet, un documentaire visiblement produit sur commande par la chaine du National Geographic, a fait participer d'éminents chercheurs américains dans le domaine de l'Evolution. Ce documentaire avait pour but la promotion de "Spore". Or les chercheurs n'étaient pas au courant et pensaient qu'il s'agissait d'un documentaire très sérieux sur l'évolution. Sans le savoir, ils apportent donc une "illusion" de caution scientifique sérieuse au jeu, qu'il ne mérite sans doute pas (malheureusement).
Il y a aussi dans le dernier Science, un article intéressant qui analyse ce que pensent vraiment les scientifiques à propos de ce jeu.

mardi 21 octobre 2008

Duos gagnants "chanson + film"

J'aime beaucoup certains clipvidéos faits maison produits par les internautes. Très souvent, ils combinent les images d'un film avec une musique et ça donne de véritables oeuvres à part entière. Il suffit de trouver les bons couples "film-chanson" et de monter le tout avec gout c'est-à-dire être à la fois sensible aux intonations musicales et à l'oeuvre cinématographique pour entrelacer deux univers qui se rencontrent pour la première fois.
Evidemment, mes clips préférés sont ceux qui associent une chanson et un film que j'adore tout deux et que je considérais jusqu'à présent comme deux entités complètement séparées.
Mes deux clips préférés du moment sont :
"My immortal" du groupe Evanescence sur les images du magnifissime film de Coppola sorti en 1992 "Dracula". Pour le voir, suivre le lien. Remarquons l'humour du réalisateur du clip pour le choix des images sur la phrase de la chanson "This pain is just too real"...
et "Desert Rose" de Sting et Cheb Mami sur les images de la série brillantissime "Dune". Voici le lien
Incidemment, le dernier clip est assez troublant car l'acteur qui joue Paul Atréide ressemble beaucoup à Sting. Et la aussi des rapprochements très intéressants : notamment le passage de la chanson "No sweet perfume ever tortured me more than this" sur une image des vers des sables qui sentent l'Epice dans le monde de Dune. Tout cela démontre une grande connaissance des oeuvres.

jeudi 9 octobre 2008

Un nobel technicolor


Saluons le prix de Nobel de chimie (en fait le prix Nobel de biochimie de manière récurrente ces dernières années) sur la GFP. La GFP est une protéine initialement découverte chez la méduse Aequorea victoria qui émet de la lumière verte lorsqu'elle est excitée par une lumière bleue. Cette bioluminescence dans la nature permet sans doute à la méduse d'attirer ses proies. La protéine a été purifiée dans les années 70 mais ce n'est que vers le milieu des années 90 que son intérêt pour la biologie cellulaire a été compris. En effet, on dispose avec elle d'une protéine pas trop grosse et bien compacte qui est aisément repérable sous une lumière bleue. Ainsi on peut par exemple produire une protéine chimérique couplée à la GFP et on peut savoir très facilement où cette protéine se trouve dans la cellule. Et en plus, on peut le faire dans des cellules vivantes, donc on peut voir bouger des structures contenant cette protéine dans la cellule en direct live. Des dérivés de la GFP et d'autres molécules fluorescentes sont maintenant couramment utilisés permettant de réaliser un véritable arc-en-ciel dans le vivant (dont j'ai déja donné un exemple ici).

samedi 4 octobre 2008

Palin fait un Bide(n)

J'ai regardé la plus grande partie du débat des colistiers des élections présidentielles US : Biden contre Palin. Débat organisé dans une Université et présenté par une présentatrice noire, deux choses par ailleurs inimaginables en France. Il est évident que mon regard n'est pas vraiment objectif, vu que je suis clairement pro-démocrate et que les républicains US constituent l'un des gangs les plus toxiques de la planète, même si il peut y avoir de bonnes surprises (finalement Schwarzenegger en Californie n'est pas si mauvais...). Sans misogynie aucune, la prestation de Palin rappelle les pires prestations de Ségolène Royal pendant notre campagne, notamment pendant le débat face à Sarko où elle fut très mauvaise. On sent les phrases-slogans apprises par coeur, la fausse proximité avec le peuple. Sur le fond, les débats US sont assez exotiques par rapport aux débats politiques français. Par exemple, les débatteurs n'arrêtent pas de s'envoyer dans la figure les statistiques des votes aux Congrès ou au Sénat : par exemple Palin insiste que Obama a voté 94 fois contre des baisses d'impots (note : les baisses d'impots pour les plus riches...) au Sénat, ou va même lui reprocher qu'il a voté à 96% comme le reste de son parti ! Palin répond régulièrement à coté de la plaque notamment sur l'économie où Biden l'enfonce facilement sur les éternelles volontés dérégulatrices du parti Républicain. Palin défend McCain en rappellant que celui-ci a voté en faveur de régulations...contre l'industrie du tabac (encore heureux !)
Quand Obama propose de donner une Sécurité Sociale à tous les américains, elle répond que l'on ne va tout de même pas laisser l'Etat et le gouvernement à Washington décider de quels médicaments prendre quand on est malade (oui, vous savez le grand méchant Etat bolchévique avec un couteau entre les dents). Mieux vaut bien entendu que ce soit les compagnies privées dénoncées brillamment par Michael Moore dans "Sicko"....
Coté climat et énergie, elle trépigne d'impatience de forer le sol américain pour récupérer les pétrole domestique quand Biden lui rappelle gentiment qu'au mieux il y a 3% de réserves mondiales de pétrole aux US qui consomment 20% de la production mondiale actuelle et que ça n'allait pas changer grand'chose à la donne sur le long terme. Pour les dérèglements climatiques, elle ne peut s'empêcher de signaler que le climat subit des cycles naturels, ce qui est techniquement vrai sauf que le réchauffement actuel n'a rien de naturel (le CO2 produit de l'effet de serre; l'effet de serre réchauffe la planète; l'humanité dégage des quantités gigantesques de CO2 depuis la révolution industrielle que ne peuvent absorber en totalité les puits habituels (océan, végétaux...); donc l'humanité réchauffe la planète; c'est aussi simple qu'une équation chimique) et aucun cycle "naturel" n'est prévu actuellement de réchauffer la planète. Mais venant de quelqu'un qui a soutenu il y a quelques années que les dinosaures et les hommes se sont cotoyés sur la planète il y a 6000 ans, il ne faut pas s'étonner que la science donc la vie réelle, ça n'est pas son problème (d'ailleurs dans un des derniers magazine Science, Obama a accepté de répondre à une interview et pas McCain, cela veut tout dire...).

Quelques extraits du débat : extrait 1, extrait 2

samedi 20 septembre 2008

Collapse

Je viens de lire l'un des essais les plus intéressants parus ces dernières années : "Collapse" (soit "Effondrement") de Jared Diamond. C'est assez inclassable, étant un subtil mélange d'archéologie scientifique, d'histoire, de géographie et de sociologie. Il s'agit de trouver les différents facteurs qui permettent d'expliquer l'effondrement et la disparition de civilisations. Parmi ces facteurs, les facteurs environnementaux sont assez souvent présents et quelquefois déterminants (de notables exceptions sont par exemple l'effondrement de l'Empire Romain (d'Occident puis d'Orient) ou la destruction de Carthage (purement militaire)).
Les principaux exemples détaillés de civilisations qui se sont autodétruites sont la civilisation de l'Ile de Paques, les Anasazis (un ensemble de tribus sur le territoire actuel du sud-ouest des USA), les Mayas, les Vikings au Groenland. Très souvent, l'effondrement a suivi de quelques dizaines d'années seulement l'apogée de la civilisation notamment sur l'Ile de Paques et les Mayas et donc l'effondrement peut être qualifié de brutal même si les mécanismes étaient à l'ouvre depuis longtemps (déforestation et surexploitation agricole créant l'érosion des sols notamment...). Diamond traite aussi de cas de quasi-effondrement de société comme le Rwanda au moment du génocide de 1994 dont un des facteurs est la surpopulation et le manque de terres agricoles : de nombreux membres de la population civile ont massacré leurs voisins (sous le prétexte idiot qu'ils ne sont pas de la même ethnie) surtout pour récupérer leurs terres pour survivre.
Diamond traite aussi de quelques succès : des civilisations qui ont survécu des siècles malgré des conditions géographiques difficiles comme par exemple les Islandais et les Japonais. Le chapitre le plus intéressant concerne les tentatives d'explication des comportements suicidaires des civilisations, c'est-à-dire comprendre ce qui se passe dans la tête des habitants de l'ile de Paques qui abattent le dernier arbre de l'ile. Ignorance, déni de réalité, aveuglement, égoïsme ("de toute manière quelqu'un mangera le dernier thon rouge pêché en Méditerrannée alors autant que cela soit moi"), incapacité à s'adapter (typiquement les Vikings du Groenland arque-bouté sur leurs traditions et incapables d'adopter les usages des Inuits, pourtant voisins, qui seront méprisés par les Vikings mais qui leur survivront). Diamond souligne que les castes les plus riches de ces civilisations n'ont gagné que le droit de mourir de faim en dernier.
Le dernier chapitre pointe évidemment le fait que la quasi-totalité des facteurs qui ont de multiples fois abouti à l'effondrement localisé de civilisations sont actuellement à l'oeuvre, mais à l'échelle mondiale.

jeudi 11 septembre 2008

La dissémination de Spore

Le jeu vidéo "Spore", attendu depuis des années et dont j'avais déja parlé ici , est sorti. Je l'ai acheté et joué jusqu'à la phase "civilisation" (en gros les 3/4 du jeu). J'en suis très content mais pas pour les raisons que j'attendais. En fait, l'aspect "évolution" du jeu est assez limité et les changements réalisés sur les créatures au fur et à mesure que l'on accumule des points ADN sont quelquefois purement esthétiques et n'ont quelquefois pas d'incidences majeures (l'auteur du jeu serait-il acquis à la théorie neutraliste de l'évolution ???). Néanmoins, quelques aspects peuvent être importants par exemple le développement du vol qui, pour ma petite créature herbivore, a permis d'accéder aux fruits perchés sur les arbres et non plus seulement les fruits dans les buissons ou les fruits tombés. Néanmoins, la réalisme du jeu retombe quand, pour gagner des points ADN, ma créature doit affronter d'autres créatures et les tuer. J'ai essayé de manger mes victimes mais ma créature herbivore a vomi (les développeurs ont pensé à tout...). On peut aussi gagner des points ADN en impressionnant d'autres espèces par diverses aptitudes (charme, danse...). Et c'est là où le jeu excelle, c'est qu'il est vraiment drôle. L'animation des créatures est très réussie, avec pleins de mimiques comiques. Ca ne se prend pas du tout au sérieux et on passe un bon moment. Par contre, une fois l'effet de surprise passé je ne suis pas sur que ce jeu marche sur le long terme. J'ai déja joué au bas mot une dizaine de fois à "Civilization IV" ou à "SimCity III" ou à "Railroad Tycoon II" sans me lasser, mais je ne pense pas que ce sera le cas pour ce jeu. Spore patit d'un défaut qui a tendance à se généraliser dans les jeux de stratégie trop grand public : l'absence de profondeur et de complexité qui limite l'intérêt sur le long terme.
J'ai mis en ligne une vidéo de ma créature, Sabraptor plaensis sur ce lien que j'ai dessiné comme un Insecte avec des mains préhensiles et des avant-bras munies de pointes défensives en forme de sabre (défense mécanique) et de glandes projetant du venin (défense chimique).
En lien également, un article d'Agoravox sur le jeu.

samedi 6 septembre 2008

De l'obésité chez les copépodes



Les copépodes sont des Crustacés (et vraiment des Crustacés - voir plus bas le post sur la classification des espèces revue chez le Figaro) qui sont essentiels dans les chaines alimentaires marines. De la taille de l'ordre du millimètre, ils appartiennent au zooplancton. Certaines espèces ont souvent des grandes expansions qui leur permettent de "nager" bien que leurs mouvements horizontaux soient largement déterminés par les courants. Par contre, leurs mouvements verticaux sont actifs : ils remontent à la surface le soir et se nourrissent du phytoplancton (le plancton dont la source d'énergie est la lumière) qui se masse juste la surface de l'eau le soir et profite des derniers rayons de soleil pour faire marcher leur photosynthèse. Ils redescendent plus profondément le jour ce qui leur permet à la fois de suivre le phytoplancton qui s'éloigne de la surface (trop de lumière) et d'échapper aux prédateurs (petits poissons...) qui les repéreraient trop facilement à la lumière. En hiver, les copépodes du genre Calanus descendent à de grandes profondeurs (entre 800 et 1500 m) pour entrer en diapause (une sorte d'hibernation). Le contrôle de la profondeur des copépodes ne se fait pas que par la nage mais aussi par la quantité de lipides dans le corps. En effet, les lipides sont moins denses que l'eau et donc plus il y a de lipides, moins il y a de densité, plus il y a de flottaison.
Or des chercheurs norvégiens ont découvert que les Calanus qui avaient trop mangé ont trop de goutellettes lipidiques et ne peuvent plus contrôler correctement leur profondeur. Ils ne peuvent plus redescendre à des profondeurs importantes et sont mangés par les prédateurs (qui au passage profitent des lipides en excès). C'est donc sans doute l'explication derrière le fait que certains Calanus entrent en diapause AVANT la fin de la période où la nourriture est abondante. La sélection naturelle dans ce cas a tendance à éliminer les Calanus trop gourmands qui se goinfrent jusqu'au bout et deviennent obèses et se font manger faute de descendre à des niveaux en sécurité.

samedi 30 août 2008

Do the locomotion

Un article de Nature cette semaine sur l'avenir (écologique) des trains avec une série d'innovations qui laissent néanmoins un peu sur notre faim. Première innovation : le train propulsé par un moteur à hydrogène testé par des japonais et bientot des danois. Ca ne produit certes que de l'eau au final mais ça ne fait que repousser le problème, il faut produire et compresser de l'hydrogène, ce qui nécessite de l'électricité et l'hydrogène est produit à partir du méthane donc pas une ressource renouvelable...Plus étonnant est le projet des anglais de revenir aux locomotives à vapeur. Plus question d'utiliser du charbon mais du diesel et du gasoil pour chauffer l'eau et créer la vapeur. Les systèmes pour bruler diesel ou gasoil sont suffisamment efficaces pour assurer un rejet quasi-nul de gaz toxiques et polluants style NOx et composés soufrés. Par le bilan carbone (rejets de CO2) est plus défavorable que pour une locomotive diesel classique qui, elle, produit plus des autres polluants (NOx etc...). Donc c'est un peu le choix entre la peste et le choléra...Autre innovation : il faut de l'énergie pour alimenter en électricité les gares (lumière, panneaux d'affichage...etc...). D'où l'idée des japonais d'utiliser le voyageur lui-même. Le sol légèrement mou de la gare cachent des éléments piézoélectriques qui transforment le petit enfoncement sous chaque pas des voyageurs en électricité. De plus, on peut faire passer les voyageurs dans des tourniquets (comme dans le métro parisien) pour valider leur billet. Tout cela permet de produire une partie de l'électricité dont la gare a besoin (on ne précise pas quelle fraction dans l'article). Enfin, on termine par le Maglev ou Transrapid où train magnétique dont j'ai déja parlé ici. C'est à mon avis le moyen le plus intelligent de faire baisser le relargage de CO2 en substituant à l'avion (et à la route) un mode de transport super-rapide (400 voire 500 km/h) de centre-ville à centre-ville, ce qui va avoir pour effet de tuer toute l'aviation court et moyen courrier si le réseau est à l'échelle européenne par exemple. La dépense électrique pour aller aussi vite n'est pas si énorme que ça car le train est en lévitation donc pas de frottement rail-roue (restent les frottements de l'air sauf à être dans un tube sous vide). En attendant que cela se concrétise peut-être un jour...(les allemands viennent de renoncer à un projet de liaison transrapid par contre les chinois vont prolonger la voie existante reliant Shangai à son aéroport à une autre ville distante de 150km) une vidéo à bord du seul transrapid en exploitation à l'heure actuelle en Chine. Ca décoiffe !

lundi 18 août 2008

Les moustiques prennent le métro


Une jolie histoire évolutive parue dans la presse scientifique il y a quelques années (Byrne et al. Heredity 82, 7 (1999)) mais que je n'ai découvert que maintenant grâce à un article du Libé de ce matin. Il s'agit d'une histoire de moustique à Londres. Certains moustiques de l'espèce Culex pipiens se sont faits piégés dans les souterrains du métro de Londres lors de sa construction et ces populations ont évolué pour donner une sous-espèce particulière appellée molestus. Ces populations ont des caractéristiques différentes (et héritables) par rapport à leurs cousins restés à l'air libre. Par exemple, ils s'attaquent en priorité aux Mammifères et non aux Oiseaux, ce qui semble logique vu que le métro londonien grouille de Mammifères (!) et que les Oiseaux y sont plus rares...Et cette caractéristique persiste si on les confronte en labo à des oiseaux. Autres modifications, les populations souterraines n'ont pas de diapause hivernale (sorte d'hibernation) contrairement aux populations aériennes qui ont une telle diapause. Evidemment, la température souterraine est plus constante et relativement chaude. Plus besoin d'hibernation ! De plus, les variations de la durée du jour qui sont des élements déclencheurs de la diapause n'ont pas cours évidemment dans le métro. Autre caractéristique constatée par les chercheurs : les sous-populations du métro sont beaucoup plus fractionnées que les populations aériennes qui sont génétiquement plus homogènes. Cela vient du fait que les échanges génétiques entre les différents moustiques d'une ligne à l'autre voire d'une station à l'autre sont plus difficiles qu'à l'air libre. On pourrait bientot savoir quelle ligne de métro et quelles stations on a fréquenté en fonction du pedigree du moustique qui nous a piqué !!

mercredi 6 août 2008

De bons Allen

Je viens de voir coup sur coup deux des plus récents films de Woody Allen "Match Point" et "Scoop" et ce sont des réussites. Allen a réussi à sortir de sa série de films (excellents par ailleurs) sur un intellectuel-juif-newyorkais-névrosé pour nous offrir des intrigues brillantes, très finement scénarisées avec un art consommé du suspens. Les deux films ont en commun de se passer à Londres (aussi somptueusement filmé que l'était Manhattan à une autre époque) et d'avoir dans un des rôles principaux Scarlett Johannson qui joue beaucoup mieux que son look de bimbo blonde laisse penser. "Match Point" est sans aucun doute le plus dramatique, le plus sombre et le plus réussi des deux. Le film commence doucement mais les trente dernières minutes sont absolument "breathtaking" comme disent les ricains. C'est une réflexion sur ce que veut dire la chance, illustrée dès l'ouverture du film par une balle de tennis qui ricoche sur le haut du filet et qui peut tomber d'un coté comme de l'autre au bout de sa chute. Le dénouement du film dépend de l'issue de cette situation sauf que ce ne sera ni un filet de tennis, ni une balle (de tennis) qui seront en jeu. "Scoop" est plus léger, ne serait-ce que parceque malgré tout Allen ne peut s'empêcher d'apparaitre dans le film et de distribuer ses légendaires réflexions philosophiques. Mais le propos général est loin d'être comique et est une réflexion sur la vérité, les apparences et les preuves.
Pour finir, une petite sélection de dialogues extraits de ces deux films (tout droit sorti du site imdb.com) :

Match Point:

Nola Rice: He saw me across the room and he honed in on me like a guided missile.

Christopher "Chris" Wilton: Sophocles said, "To never have been born may be the greatest chance of all."

Christopher "Chris" Wilton: It would be fitting if I were apprehended... and punished. At least there would be some small sign of justice - some small measure of hope for the possibility of meaning.

Christopher "Chris" Wilton: The man who said "I'd rather be lucky than good" saw deeply into life. People are afraid to face how great a part of life is dependent on luck. It's scary to think so much is out of one's control. There are moments in a match when the ball hits the top of the net, and for a split second, it can either go forward or fall back. With a little luck, it goes forward, and you win. Or maybe it doesn't, and you lose.


Scoop:

Sid Waterman: Well did you accomplish anything besides a possible pregnancy?

Sid Waterman: I was born into the Hebrew persuasion, but when I got older I converted to narcissism

Sondra Pransky: How can we meet him?
Sid Waterman: You know, I don't know... They have a class system. He's an aristocrat and, you know, we're... we're commoners. In fact according to his system, we're... I think we're probably classified as scum.

Sid Waterman: I was in the lounge, I heard you drowning, I finished my tea and scones and came immediately!

Sid Waterman: You know not everything in the world is sinister... just practically everything.

Sid Waterman: This guy must be some lover if you're ready to drop the whole investigation! I must find out what breakfast cereal he eats...

samedi 26 juillet 2008

Le Figaro refait la classification des espèces

J'avais déja dénoncé ici les articles du "Monde" qui sont quelquefois bourrés d'erreurs zoologiques. Il semble que le "Figaro" va bientôt faire partie du palmarès, grâce à cet article sur la mort pour l'instant mystérieuse des huitres sur les cotes européennes (8 milliards de mort ! on cultive donc plus d'huitres en Europe qu'il n'y a d'êtres humains sur Terre...). L'auteur au détour d'une phrase traite les huitres de Crustacés, sans doute à cause de la coquille calcaire. Mais évidemment l'huitre est un Mollusque et la coquille calcaire est une jolie convergence évolutive avec la carapace calcifiée des Crustacés. C'est quand même de la zoologie élémentaire et un collégien devrait savoir cela. Sauf qu'en général il ne le sait pas car désormais dans les programmes jamais on ne passe en revue les différentes espèces les plus courantes et jamais on ne les classe systématiquement dans les différents groupes d'animaux. Bilan, la population générale est complètement ignare des bases de la classification des espèces. Est-ce grave ? Oui, la culture générale de tout citoyen doit comporter une vision claire des bases du monde vivant et tout particulièrement de ce qu'il mange sinon on peut lui faire avaler n'importe quoi...

jeudi 17 juillet 2008

Le secret de l'horloge des serpents


Le nombre de vertèbres est l'une des caractéristiques très précisément controlée au cours du développement embryonnaire pour chaque espèce (de Vertébré bien sur). Les champions en la matière sont les serpents qui peuvent avoir des centaines de vertèbres (jusqu'à 500 pour les plus longs). Et il fallait bien sur trouver une explication concrète moléculaire et cellulaire...Elle vient d'être apporté dans un article de Nature d'aujourd'hui (Gomez et al.). On sait depuis longtemps que les vertèbres sont issues de structures répétées le long de l'axe avant-arrière de l'embryon qu'on appelle les somites. Or ces somites sont issus d'un tissu non divisé, le mésoderme pré-somitique qui se débite épisodiquement en rondelle de saucisson, les somites justement. Ce mésoderme pré-somitique crée une nouvelle rondelle de somite de manière très précise, par exemple toutes les 90 minutes chez l'embryon de poulet jusqu'à donner le nombre total de somite caractéristique d'une espèce qui correspond (en gros) au nombre de vertèbres. Le contrôle temporel de ce phénomène a été expliqué par une horloge moléculaire, c'est-à-dire des gènes qui s'expriment puis s'éteignent de manière régulière (selon un mécanisme trop compliqué à expliquer ici mais parfaitement connu). A chaque vague d'expression correspond la formation d'un somite. Chez les serpents, l'horloge tourne beaucoup plus vite que chez les autres vertébrés, c'est-à-dire que la succession allumage/extinction de gènes va jusqu'à 4 fois plus vite, ce qui aboutit à débiter plus de rondelles de saucisson (somites) par unité de temps. Au final, beaucoup plus de somites et donc de vertèbres. En compensation, histoire que les somites ne soient pas trop petits, le nombre de divisions cellulaires dans le mésoderme pré-somitique est aussi plus élevé, ce qui compense partiellement les effets de l'emballement de l'horloge. Maintenant, comme d'habitude on ne fait que repousser le problème : quels gènes font accélérer l'horloge ??

jeudi 10 juillet 2008

And the winner is...

Je suis en train de redécouvrir "Questions pour un champion" à l'occasion de l'achat d'un jeu vidéo qui permet de participer virtuellement à l'émission comme candidat face à des joueurs pilotés par l'intelligence artificielle ou d'autres joueurs réels.
Je me souviens que je regardais ce jeu régulièrement au début des années 90, quelquefois avec ma grand-mère tchèque qui ne comprenait pas un mot aux questions mais qui suivait quand même passionément ce jeu (ah, ce beau Julien Lepers !). Le jeu vidéo reconstitue tous les "Lepersismes" ou "Lepersinades" avec envolée des fameuses fiches jaunes quand il y a une belle victoire, phrasé scandé dès qu'il dit le titre du jeu...etc...mais ça tombe un peu à plat car on sent que le pauvre Julien a enregistré ces séquences tout seul dans le studio et pas au cours d'un "vrai" jeu.
Je me débrouille plutot bien, en fait je n'ai perdu qu'une fois (en une dizaine de jeu) et en plus sur une question de biologie : dans le face-à-face on en était à égalité 11/11 et j'ai pas su trouver tout de suite "la mangrove", ce que mon adversaire (virtuel) a découvert quand je lui ai passé la main. Heureusement que je dis à mes étudiants de ne pas oublier la mangrove quand il s'agit de parler de la faune et de la flore du littoral...

Voir aussi une petite séquence amusante tirée du jeu réel.

lundi 16 juin 2008

De l'usage de stupéfiants et autres substances hallucinogènes chez les concepteurs des sujets de philo au bac

C'est peu dire que l'un des sujets de philo de la série littéraire au bac m'a laissé complètement stupéfait : "La connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?". Quel est l'intérêt de poser une question dont la réponse est tellement évidente ? Et dans le contexte où on démantèle le département des sciences du vivant du CNRS, c'est une véritable provocation !!
Je sais certes, qu'il faut remettre en question tous les sujets sans tabous, mais là je crois qu'objectivement il n'y a qu'une seule réponse possible à cette question. Ou alors cela veut dire que Pasteur et Darwin, parmi les esprits les plus brillants qui ont eu la grâce de fouler cette planète, ont fait une oeuvre complètement inutile voire inexistante (car impossible si je reprends l'antithèse de la question posée). Je pense en fait qu'il s'agit d'un sujet très mal posé. La question aurait du être "Une connaissance du vivant en dehors de la science est-elle possible ?", ce qui est plus ouvert et infiniment plus intéressant. Par exemple, l'agriculteur du néolithique, les jardiniers, le chasseur-cueilleur paléolithique ont une connaissance du vivant mais est-elle scientifique ? Ca c'est intéressant.
Mais avec le sujet tel qu'il a été réellement posé, je voudrais me transformer en petite souris et lire quelques copies de bacheliers derrière l'épaule des correcteurs. Le sujet a été posé aux séries littéraires donc il faut malheureusement s'attendre à une avalanche d'erreurs factuelles sur la biologie. J'attends aussi de pied ferme un corrigé de ce sujet hallucinant, ça devrait être un des textes de haute voltige de br...ette intellectuelle et complètement stérile (donc).

samedi 7 juin 2008

Whatever may have happened

Il y a de nombreux évènements culturels pourtant heureux qui auraient pu arriver, et qui ont même été à deux doigts d'arriver mais qui ont échoué à la dernière minute. Concernant Michael Jackson, il y en a des dizaines comme par exemple le duo prévu de Jackson et Prince sur la chanson "Bad". La chanson avait d'ailleurs été écrite spécialement pour cela, ce qui explique d'ailleurs sa structure bizarre et notamment le couplet "de trop" qu'il y a entre le premier et le deuxième refrain ("Your talk is cheap....etc..."). Ce couplet était prévu pour Prince. Michael l'a gardé dans la version finale où il chante tout seul mais ça déséquilibre la chanson.
Autre exemple, lors de la promotion de l'album "Invincible" en 2001-2002 il était prévu de sortir en vidéoclip "Unbreakable" et "Whatever happens". Tout est tombé à l'eau à cause de la maison de disque Sony qui a arrêté la promotion pour faire pression sur Michael pour qu'il revende la part qu'il détient dans les droits des chansons des Beatles (une histoire longue et complexe...). Donc, pas de clip, pas de choréographie (ni même sur scène car pas de tournée), pour "Whatever happens" qui est un véritable petit bijou musical. Donc je me propose de réparer cela en imaginant une choréographie possible présentée sur ce lien. Il a fallu fondre le style de Jackson dans un style hispano-arabisant plus coulant, même si le caractère changeant de la chanson permet de retrouver de temps à autre du pur style Jackson.
Et en guise de récréation, une choré 100% Jackson garantie sans additif ni conservateur sur "Jam", l'un des funk les plus durs du répertoire sur ce lien.

Profitez en. Je ne sais pas si dans 5-10 ans je serai encore capable de faire ces trucs.

samedi 31 mai 2008

Indiana Jones et le royaume des crânes d'oeufs


En trentenaire régressif et nostalgique des années 80, je me devais de voir le dernier Indiana Jones. Le premier, L'arche perdue, était brillant malgré une fin un peu ratée (déja...on va y revenir...); le second, le temple maudit, était un peu dans la surenchère mais ça passait; le troisième, la dernière croisade, était génial et je ne m'étais plus autant amusé au ciné jusqu'à Pirates des caraïbes ou American Beauty (dans un autre genre...). Le quatrième suit un peu la trajectoire d'une cascade (sans mauvais esprit sur une des parties de l'intrigue). Le début est génial, brillant et inventif. Ensuite, on a l'impression que les scénaristes ont rempli point par point le cahier des charges d'un Indiana Jones : il faut :
* des temples qui s'effondrent
* des autochtones primitifs très...primitifs
* la course-poursuite de 20 minutes avec rebondissements multiples
* la scène "alibi" à l'université pour nous rappeler que Jones est un prof
* des bébêtes repoussantes (alors les serpents c'est fait, les rats c'est fait, les cafards c'est fait; ah oui ! bien sur les scorpions et les fourmis mangeuses d'homme !)
* le running gag avec le chapeau d'Indiana
* la carte mystérieuse avec plein de dessins qu'on comprend rien dessus
* la relation chaotique père-fils
* caser quelque part le "gag" de la fille qui donne un coup de pied dans les c....es d'un héros
* des tombes avec des cadavres à des états de décomposition divers
A la fin du film, on est en bas de la cascade. C'est assez mauvais et totalement prévisible : Non Steven, pas le vaisseau spatial, non, pas le vaiss...eh si ! c'est un vaisseau spatial ! Ne pensez pas que je suis vicieux et que je vous dévoile la fin, de toute manière on le voit arriver à des kilomètres en jaune fluorescent et clignotant. En fait, ce film c'est la version agitée de "téléphone rentrer maison" de ET. Et il y a une morale à tout ça : la connaissance c'est mieux que l'or. Et l'un des personnages nous le dit au cas où on n'aurait pas compris...
Malgré tout, on passe quand même un bon moment et puis il y a Cate Blanchett. Ah ! Cate...

vendredi 30 mai 2008

De Materpiscis et des articles foireux du "Monde"

Dans le dernier Nature du 29 mai, on annonce la découverte d'un des plus ancien embryons fossiles connu qui appartient à une nouvelle espèce du genre bien nommé (vous verrez pourquoi) Materpiscis, un poisson placoderme. Les placodermes sont des poissons gnathostomes (à machoire) exclusivement connus à l'état de fossile. Ils ont vécu il y a environ 400 millions d'années environ (du silurien au dévonien). Leur tête et leur thorax étaient recouvertes de plaques renforcées d'où leur nom. La surprise est venu du fait que l'embryon a été découvert dans le ventre de sa mère et reliée à elle par un cordon ombilical formé à partir du sac vitellin, une situation que l'on retrouve actuellement chez certains requins. Même certains Mammifères ont des placentas qui se forment de manière similaire. On a donc un exemple fossile de viviparité vraie c'est à dire une incubation d'un embryon dans les voies génitales femelles avec nutrition par la mère. C'est bien sur exceptionnel chez les poissons et c'est encore plus exceptionnel de l'avoir trouvé chez un fossile. La viviparité est clairement apparue des multiples fois de manière indépendante au cours de l'évolution : chez les insectes (si, si, chez la mouche tsé-tsé), chez les requins, chez les placodermes (donc), chez certains amphibiens (salamandre noire) et reptile et bien sur chez les mammifères marsupiaux et euthériens.
La fête est un peu gâchée par l'article que Le Monde a publié sur le sujet. L'auteur, Christiane Galus (qui n'en est d'ailleurs pas à ses premières bêtises : si mes souvenirs sont bons, il y a quelques années c'est elle qui avait traité les trilobites de poisson ce qui est une monstrueuse hérésie que même mes élèves les plus nuls ne feraient pas (et c'est pas peu dire...)) a accumulé les erreurs parlant d'un cas d'ovoviviparité (alors que les auteurs de l'article précisent bien justement que ce n'est pas de l'ovoviviparité (car ici l'embryon n'est pas juste "incubé" dans les voies génitales maternelles mais en plus il y est nourri par la mère). Donc elle ne sait pas lire correctement les articles. Ensuite, il y a cette phrase monstrueuse : "il y a 375 millions d'années, certains poissons osseux ont transformé leurs nageoires en membres pour se hisser sur la terre ferme". Totalement finaliste et complètement faux, puisque les nageoires (paires) se sont transformés en membre AVANT la sortie des eaux et le fameux "hissage" sur la terre ferme. Je crois qu'il y a un plan de licenciement au Monde. Je connais une très bonne candidate pour le départ...

samedi 17 mai 2008

Adoptez un Massospondylus




Cherchez l'erreur sur cette image !
Oui, je crois que ça crève les yeux que ce brave Massospondylus exposé ainsi au British Museum n'est pas un quadrupède mais un bipède. Or il a fallu attendre 2007 pour rectifier sa position à la suite d'un article dans une revue de paléontologie. Nos amis les Massospondylus sont des dinosaures du Jurassique de 4 mètres de long pour 135 kg en moyenne (très svelte finalement). Le premier fossile a été découvert par le britannique Richard Owen en 1854. A la fin des années 1970s, on a retrouvé des embryons de ces dinosaures (la première découverte de ce genre).
Ces embryons étaient assez âgés, quasiment près à éclore et sans dents, ce qui fait penser qu'ils ne pouvaient pas se nourrir par eux-mêmes et donc dépendait de papa-maman dinosaure. Des soins parentaux de dinosaure, rien d'exceptionnel; rappelons que les oiseaux sont des dinosaures. Les jeunes dinosaures de cet espèce étaient clairement quadrupèdes, ce qui fait dire que la quadrupédie des sauropodes sont ils seraient les ancêtres est un exemple de pédomorphose (rétention des caractères juvéniles). Enfin les Massospondylus avaient des os avec des cavités formant des sacs aériens, là aussi un caractère que l'on retrouve chez les oiseaux et qui a apparemment existé chez les dinosaures totalement indépendamment de la baisse de densité nécessaire au vol.

mercredi 7 mai 2008

Questions pour un champion ?

J'ai participé tout à l'heure au chat sur lemonde.fr et telerama.fr avec le
Ministre de l'Education Nationale M. Xavier Darcos.
Deux de mes questions ont été retenues. Je vous les retranscrits en dessous.
Vous pouvez voir l'ensemble du compte-rendu du chat sur le site
http://www.telerama.fr/monde/retranscription-darcos,28676.php

Patrick PLA : Quel est l'avenir des concours de recrutement des enseignants,
comme l'Agrégation ou le CAPES ? Jusqu'où ira la baisse du nombre de postes à
ces concours ?

Xavier Darcos : Nous recruterons 18 000 fonctionnaires l'année prochaine.
C'est un chiffre important. Ni le CAPES ni l'Agrégation ne seront remis en
cause. Nous souhaitons simplement, dans le cadre des équivalences européennes,
que les candidats à nos concours soient au niveau master.

Patrick PLA : Quand est-ce qu'on en finira avec le système idiot qui veut
qu'on envoie les enseignants les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les
plus fragiles dans les zones d'éducation les plus difficiles ?

Xavier Darcos : Excellente question, sur laquelle nous nous sommes tous cassé
les dents. Je ferai des propositions en ce sens, mais je ne vois pas comment
imposer à un titulaire qui est en milieu de carrière de quitter un service qui
lui convient pour aller occuper un emploi plus difficile. Mais je le répète,
c'est une des sources de nos difficultés, notamment parce que nous avons
besoin, dans les zones sensibles, d'une stabilité des équipes pédagogiques.

Mon commentaire sur les réponses de Xavier Darcos :
Mauvaise foi absolue sur la première question : 18 000 est un chiffre important certes, c'est plus important que 17 999 effectivement... Le ministre se garde bien de nous dire le nombre d'Agrégés et de Capésiens les années précédentes. Il ne répond pas à la dernière partie de ma question sur la baisse. Pour l'équivalence Agrégation/Master il y a ambiguité : l'Agrégation est un concours et le Master un diplome. Darcos veut-il dire que tous ceux qui obtiendront l'Agrégation auront le Master ?

Deuxième question : eh bien si, Monsieur le Ministre, il faut imposer à un titulaire en milieu de carrière d'aller dans une zone difficile !! Car en échange en début de carrière il aura été en zone plus "facile" (même si ce genre de zone a tendance à se rétrécir...). Le temps passé dans des zones faciles ou difficiles restera le même à l'échelle d'une carrière mais réparti différemment dans le temps. Les enseignants en fin de carrière (plus de 50 ans) retourneraient dans les zones faciles et serviraient de tuteur pour leur collègue qui iront en zone difficile. Les enseignants sont, je pense, suffisamment matures et intelligents pour accepter ce "deal". Les syndicats peut être un peu moins....