Je viens de participer à la manifestation en faveur de l'université et de la recherche qui a eu lieu à Paris entre Luxembourg et Invalides (on était sensé aller jusqu'à l'Assemblée Nationale mais ça a été bloqué par une bande de CRS (genre Uruk-Hais du Seigneur des Anneaux), ce qui me fait penser qu'entre les CRS et le CNRS il y a de la N).
Les réformes du gouvernement Sarkozy (sic) dans ce domaine suivent la même logique et la même erreur que les réformes hospitalières, les réformes de la justice, les réformes de la SNCF, de la Poste...etc.... Il s'agit d'appliquer à un service public les principes et le management d'une entreprise privée. Il s'agit d'être rentable, avec un retour sur investissement "à court terme". Le tout sous le contrôle de l'"élite" politico-économico-médiatique qui régne de manière totalitaire sur le monde (le totalitarisme c'est réduire la complexité du monde à une idée; le communisme c'était "surtout pas l'individu tout dans le collectif", le nazisme c'était "notre race, c'est la meilleure" et actuellement c'est "l'argent, il n'y a que ça d'important" ; nous vivons bien dans un régime totalitaire). Pour la recherche et l'université, il s'agit de produire avec le plus bas cout possible des brevets (et non plus des connaissances...) et des étudiants corvéables sur un marché du travail dégradé. Dans le cas de la réforme dite de "masterisation" de la formation des enseignants, il s'agit de produire des légions d'étudiants qui n'auront ni le concours du CAPES et de l'Agrégation et qui pourront être embauchés sur emplois précaires dans l'Education Nationale, remettant en cause le statut de fonctionnaires des professionels de l'enseignement. La "réforme" du statut de décret des enseignants-chercheurs aboutit à créer une concurrence et une compétition entre les enseignants-chercheurs d'une même université. Or rien de plus classique pour rendre les gens dociles et corvéables que de créer une course à l'échalote avec dans le rôle de l'arbitre un valet obligé de l'Etat. C'est une méthode de contrôle, une reprise en main administrative de la liberté de chercher et d'enseigner.
Le tout dans un contexte de régression sans précédent des moyens en postes. Or la recherche est encore un travail de main-d'oeuvre. Quand, faute de personnel technique suffisant, je suis obligé de faire des mini-preps ou des génotypages que pourrait faire un technicien payé 30% moins cher que moi, l'Etat a par ailleurs une gestion desastreuse. Pour l'enseignement, on ne compte plus les heures supplémentaires non payées.
Le tout sous les insultes du petit empereur, dont les discours, si ils étaient évalués comme pour une publication scientifique, seraient rejetés tellement ils accumulent d'erreurs factuelles, d'oublis, de caricature, de mauvaise foi. Bien sur, il y a des enseignants-chercheurs qui se la coulent douce et ne remplissent pas sérieusement toutes leurs missions (comme dans tous les métiers; regardez par exemple Valérie Pécresse, conseillère régionale d'Ile de France, qui n'a siégé dans ce conseil qu'un nombre très restreint de fois....); repérons ces 2-3 %, VIRONS-LES (je n'ai aucun soucis avec le fait qu'on puisse renvoyer un fonctionnaire si manifestement il ne fait pas un minimum correctement son travail), mais ne créons pas un système qui pénalise les 97% restants qui font sincèrement des efforts, qui ont été recrutés lors d'un concours ultra-sélectif, qui sont déja évalués dès qu'ils veulent publier, obtenir une bourse pour leurs étudiants, obtenir de l'argent pour un projet, monter en grade, muter dans une autre université, monter un nouveau labo, acheter des équipements lourds....etc....
Bref, c'était bon d'aller manifester si nombreux aujourd'hui !
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mardi 10 février 2009
jeudi 4 décembre 2008
Orbival : le tracé f(l)ou

Orbival est le principal projet de métro en rocade qui permettrait, en tout cas dans sa version initiale, de soulager les lignes A, B, C et D du RER à l'Est et au Sud en permettant de passer de l'Est de l'Ile de France au Sud sans passer par Paris.
Le tracé prévu jusqu'à présent était logique : de Val de Fontenay (l'une des stations les plus fréquentées de l'Ile de France, noeud entre la ligne RER A et E, désservant un quartier d'affaires et une grande cité-dortoir + last but not least à 10 minutes à pied de chez moi !!) jusqu'à Arcueil-Cachan ou Bourg-La-Reine selon les versions, bref vers la branche sud du RER B.
Voila comment le projet a été présenté et "vendu" aux habitants du Val-de-Marne qui ont massivement approuvé le projet sur ce tracé. Reste à trouver le financement (mais 2-3 milliards d'Euros pour un projet aussi utile devraient se trouver sans problème...avec des élus et un gouvernement responsables...D'accord c'est pas gagné !!).
La surprise est venue d'une innocente réunion de quartier, hier, où j'ai posé quelques questions au maire de Nogent-sur-Marne, Jacques JP Martin (UMP), sur la position possible d'une station d'Orbival sur le territoire de la commune. Et bien le tracé présenté jusqu'à présent sera peut-être remanié ! Plus de passage à Val-de-Fontenay (sous le prétexte inédit que "trop de correspondances" sur une même station c'est pas bien...) et à la place un tracé qui relierait l'Université de Marne-La-Vallée à l'Université de Créteil puis sans doute vers...l'aéroport d'Orly ! Fini la correspondance avec le RER B donc.
Les deux Universités seraient reliées pour faire plaisir à la ministre Valérie Pécresse (UMP) qui veut fusionner les deux Universités (d'où l'intérêt d'avoir un métro reliant les deux pour que les étudiants puissent être transportés de l'un à l'autre des sites). Donc non seulement Pécresse met un capharnaum pas possible dans les Universités et les instances de Recherche actuellement mais en plus elle vient torpiller un excellent tracé de métro. Pécresse est la future candidate de l'UMP pour les Régionales de 2010, ça promet...Le choix d'aller vers Orly est sans doute dicté (c'est mon interprétation) par le fait que ça va permettre d'ouvrir plus facilement des partenariats de financement avec le privé (vous pensez bien, faire un métro pour la plèbe de la petite couronne parisienne ça n'intéresse personne). Cela dit, Orly est actuellement mal desservi côté transport en commun, c'est vrai...
Le "nouveau" tracé est complètement bizarre et la transversale intiale deviendrait en fait une bi-radiale en forme de V ou de U centrée sur Créteil.
Le drame c'est qu'il faudrait en fait construire les deux tracés car chacun des tracés a son intérêt même si ma préférence va au tracé initial qui privilégie des zones d'habitations denses de la petite couronne.
samedi 4 octobre 2008
Palin fait un Bide(n)
J'ai regardé la plus grande partie du débat des colistiers des élections présidentielles US : Biden contre Palin. Débat organisé dans une Université et présenté par une présentatrice noire, deux choses par ailleurs inimaginables en France. Il est évident que mon regard n'est pas vraiment objectif, vu que je suis clairement pro-démocrate et que les républicains US constituent l'un des gangs les plus toxiques de la planète, même si il peut y avoir de bonnes surprises (finalement Schwarzenegger en Californie n'est pas si mauvais...). Sans misogynie aucune, la prestation de Palin rappelle les pires prestations de Ségolène Royal pendant notre campagne, notamment pendant le débat face à Sarko où elle fut très mauvaise. On sent les phrases-slogans apprises par coeur, la fausse proximité avec le peuple. Sur le fond, les débats US sont assez exotiques par rapport aux débats politiques français. Par exemple, les débatteurs n'arrêtent pas de s'envoyer dans la figure les statistiques des votes aux Congrès ou au Sénat : par exemple Palin insiste que Obama a voté 94 fois contre des baisses d'impots (note : les baisses d'impots pour les plus riches...) au Sénat, ou va même lui reprocher qu'il a voté à 96% comme le reste de son parti ! Palin répond régulièrement à coté de la plaque notamment sur l'économie où Biden l'enfonce facilement sur les éternelles volontés dérégulatrices du parti Républicain. Palin défend McCain en rappellant que celui-ci a voté en faveur de régulations...contre l'industrie du tabac (encore heureux !)
Quand Obama propose de donner une Sécurité Sociale à tous les américains, elle répond que l'on ne va tout de même pas laisser l'Etat et le gouvernement à Washington décider de quels médicaments prendre quand on est malade (oui, vous savez le grand méchant Etat bolchévique avec un couteau entre les dents). Mieux vaut bien entendu que ce soit les compagnies privées dénoncées brillamment par Michael Moore dans "Sicko"....
Coté climat et énergie, elle trépigne d'impatience de forer le sol américain pour récupérer les pétrole domestique quand Biden lui rappelle gentiment qu'au mieux il y a 3% de réserves mondiales de pétrole aux US qui consomment 20% de la production mondiale actuelle et que ça n'allait pas changer grand'chose à la donne sur le long terme. Pour les dérèglements climatiques, elle ne peut s'empêcher de signaler que le climat subit des cycles naturels, ce qui est techniquement vrai sauf que le réchauffement actuel n'a rien de naturel (le CO2 produit de l'effet de serre; l'effet de serre réchauffe la planète; l'humanité dégage des quantités gigantesques de CO2 depuis la révolution industrielle que ne peuvent absorber en totalité les puits habituels (océan, végétaux...); donc l'humanité réchauffe la planète; c'est aussi simple qu'une équation chimique) et aucun cycle "naturel" n'est prévu actuellement de réchauffer la planète. Mais venant de quelqu'un qui a soutenu il y a quelques années que les dinosaures et les hommes se sont cotoyés sur la planète il y a 6000 ans, il ne faut pas s'étonner que la science donc la vie réelle, ça n'est pas son problème (d'ailleurs dans un des derniers magazine Science, Obama a accepté de répondre à une interview et pas McCain, cela veut tout dire...).
Quelques extraits du débat : extrait 1, extrait 2
Quand Obama propose de donner une Sécurité Sociale à tous les américains, elle répond que l'on ne va tout de même pas laisser l'Etat et le gouvernement à Washington décider de quels médicaments prendre quand on est malade (oui, vous savez le grand méchant Etat bolchévique avec un couteau entre les dents). Mieux vaut bien entendu que ce soit les compagnies privées dénoncées brillamment par Michael Moore dans "Sicko"....
Coté climat et énergie, elle trépigne d'impatience de forer le sol américain pour récupérer les pétrole domestique quand Biden lui rappelle gentiment qu'au mieux il y a 3% de réserves mondiales de pétrole aux US qui consomment 20% de la production mondiale actuelle et que ça n'allait pas changer grand'chose à la donne sur le long terme. Pour les dérèglements climatiques, elle ne peut s'empêcher de signaler que le climat subit des cycles naturels, ce qui est techniquement vrai sauf que le réchauffement actuel n'a rien de naturel (le CO2 produit de l'effet de serre; l'effet de serre réchauffe la planète; l'humanité dégage des quantités gigantesques de CO2 depuis la révolution industrielle que ne peuvent absorber en totalité les puits habituels (océan, végétaux...); donc l'humanité réchauffe la planète; c'est aussi simple qu'une équation chimique) et aucun cycle "naturel" n'est prévu actuellement de réchauffer la planète. Mais venant de quelqu'un qui a soutenu il y a quelques années que les dinosaures et les hommes se sont cotoyés sur la planète il y a 6000 ans, il ne faut pas s'étonner que la science donc la vie réelle, ça n'est pas son problème (d'ailleurs dans un des derniers magazine Science, Obama a accepté de répondre à une interview et pas McCain, cela veut tout dire...).
Quelques extraits du débat : extrait 1, extrait 2
samedi 20 septembre 2008
Collapse
Je viens de lire l'un des essais les plus intéressants parus ces dernières années : "Collapse" (soit "Effondrement") de Jared Diamond. C'est assez inclassable, étant un subtil mélange d'archéologie scientifique, d'histoire, de géographie et de sociologie. Il s'agit de trouver les différents facteurs qui permettent d'expliquer l'effondrement et la disparition de civilisations. Parmi ces facteurs, les facteurs environnementaux sont assez souvent présents et quelquefois déterminants (de notables exceptions sont par exemple l'effondrement de l'Empire Romain (d'Occident puis d'Orient) ou la destruction de Carthage (purement militaire)).
Les principaux exemples détaillés de civilisations qui se sont autodétruites sont la civilisation de l'Ile de Paques, les Anasazis (un ensemble de tribus sur le territoire actuel du sud-ouest des USA), les Mayas, les Vikings au Groenland. Très souvent, l'effondrement a suivi de quelques dizaines d'années seulement l'apogée de la civilisation notamment sur l'Ile de Paques et les Mayas et donc l'effondrement peut être qualifié de brutal même si les mécanismes étaient à l'ouvre depuis longtemps (déforestation et surexploitation agricole créant l'érosion des sols notamment...). Diamond traite aussi de cas de quasi-effondrement de société comme le Rwanda au moment du génocide de 1994 dont un des facteurs est la surpopulation et le manque de terres agricoles : de nombreux membres de la population civile ont massacré leurs voisins (sous le prétexte idiot qu'ils ne sont pas de la même ethnie) surtout pour récupérer leurs terres pour survivre.
Diamond traite aussi de quelques succès : des civilisations qui ont survécu des siècles malgré des conditions géographiques difficiles comme par exemple les Islandais et les Japonais. Le chapitre le plus intéressant concerne les tentatives d'explication des comportements suicidaires des civilisations, c'est-à-dire comprendre ce qui se passe dans la tête des habitants de l'ile de Paques qui abattent le dernier arbre de l'ile. Ignorance, déni de réalité, aveuglement, égoïsme ("de toute manière quelqu'un mangera le dernier thon rouge pêché en Méditerrannée alors autant que cela soit moi"), incapacité à s'adapter (typiquement les Vikings du Groenland arque-bouté sur leurs traditions et incapables d'adopter les usages des Inuits, pourtant voisins, qui seront méprisés par les Vikings mais qui leur survivront). Diamond souligne que les castes les plus riches de ces civilisations n'ont gagné que le droit de mourir de faim en dernier.
Le dernier chapitre pointe évidemment le fait que la quasi-totalité des facteurs qui ont de multiples fois abouti à l'effondrement localisé de civilisations sont actuellement à l'oeuvre, mais à l'échelle mondiale.
Les principaux exemples détaillés de civilisations qui se sont autodétruites sont la civilisation de l'Ile de Paques, les Anasazis (un ensemble de tribus sur le territoire actuel du sud-ouest des USA), les Mayas, les Vikings au Groenland. Très souvent, l'effondrement a suivi de quelques dizaines d'années seulement l'apogée de la civilisation notamment sur l'Ile de Paques et les Mayas et donc l'effondrement peut être qualifié de brutal même si les mécanismes étaient à l'ouvre depuis longtemps (déforestation et surexploitation agricole créant l'érosion des sols notamment...). Diamond traite aussi de cas de quasi-effondrement de société comme le Rwanda au moment du génocide de 1994 dont un des facteurs est la surpopulation et le manque de terres agricoles : de nombreux membres de la population civile ont massacré leurs voisins (sous le prétexte idiot qu'ils ne sont pas de la même ethnie) surtout pour récupérer leurs terres pour survivre.
Diamond traite aussi de quelques succès : des civilisations qui ont survécu des siècles malgré des conditions géographiques difficiles comme par exemple les Islandais et les Japonais. Le chapitre le plus intéressant concerne les tentatives d'explication des comportements suicidaires des civilisations, c'est-à-dire comprendre ce qui se passe dans la tête des habitants de l'ile de Paques qui abattent le dernier arbre de l'ile. Ignorance, déni de réalité, aveuglement, égoïsme ("de toute manière quelqu'un mangera le dernier thon rouge pêché en Méditerrannée alors autant que cela soit moi"), incapacité à s'adapter (typiquement les Vikings du Groenland arque-bouté sur leurs traditions et incapables d'adopter les usages des Inuits, pourtant voisins, qui seront méprisés par les Vikings mais qui leur survivront). Diamond souligne que les castes les plus riches de ces civilisations n'ont gagné que le droit de mourir de faim en dernier.
Le dernier chapitre pointe évidemment le fait que la quasi-totalité des facteurs qui ont de multiples fois abouti à l'effondrement localisé de civilisations sont actuellement à l'oeuvre, mais à l'échelle mondiale.
mercredi 7 mai 2008
Questions pour un champion ?
J'ai participé tout à l'heure au chat sur lemonde.fr et telerama.fr avec le
Ministre de l'Education Nationale M. Xavier Darcos.
Deux de mes questions ont été retenues. Je vous les retranscrits en dessous.
Vous pouvez voir l'ensemble du compte-rendu du chat sur le site
http://www.telerama.fr/monde/retranscription-darcos,28676.php
Patrick PLA : Quel est l'avenir des concours de recrutement des enseignants,
comme l'Agrégation ou le CAPES ? Jusqu'où ira la baisse du nombre de postes à
ces concours ?
Xavier Darcos : Nous recruterons 18 000 fonctionnaires l'année prochaine.
C'est un chiffre important. Ni le CAPES ni l'Agrégation ne seront remis en
cause. Nous souhaitons simplement, dans le cadre des équivalences européennes,
que les candidats à nos concours soient au niveau master.
Patrick PLA : Quand est-ce qu'on en finira avec le système idiot qui veut
qu'on envoie les enseignants les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les
plus fragiles dans les zones d'éducation les plus difficiles ?
Xavier Darcos : Excellente question, sur laquelle nous nous sommes tous cassé
les dents. Je ferai des propositions en ce sens, mais je ne vois pas comment
imposer à un titulaire qui est en milieu de carrière de quitter un service qui
lui convient pour aller occuper un emploi plus difficile. Mais je le répète,
c'est une des sources de nos difficultés, notamment parce que nous avons
besoin, dans les zones sensibles, d'une stabilité des équipes pédagogiques.
Mon commentaire sur les réponses de Xavier Darcos :
Mauvaise foi absolue sur la première question : 18 000 est un chiffre important certes, c'est plus important que 17 999 effectivement... Le ministre se garde bien de nous dire le nombre d'Agrégés et de Capésiens les années précédentes. Il ne répond pas à la dernière partie de ma question sur la baisse. Pour l'équivalence Agrégation/Master il y a ambiguité : l'Agrégation est un concours et le Master un diplome. Darcos veut-il dire que tous ceux qui obtiendront l'Agrégation auront le Master ?
Deuxième question : eh bien si, Monsieur le Ministre, il faut imposer à un titulaire en milieu de carrière d'aller dans une zone difficile !! Car en échange en début de carrière il aura été en zone plus "facile" (même si ce genre de zone a tendance à se rétrécir...). Le temps passé dans des zones faciles ou difficiles restera le même à l'échelle d'une carrière mais réparti différemment dans le temps. Les enseignants en fin de carrière (plus de 50 ans) retourneraient dans les zones faciles et serviraient de tuteur pour leur collègue qui iront en zone difficile. Les enseignants sont, je pense, suffisamment matures et intelligents pour accepter ce "deal". Les syndicats peut être un peu moins....
Ministre de l'Education Nationale M. Xavier Darcos.
Deux de mes questions ont été retenues. Je vous les retranscrits en dessous.
Vous pouvez voir l'ensemble du compte-rendu du chat sur le site
http://www.telerama.fr/monde/retranscription-darcos,28676.php
Patrick PLA : Quel est l'avenir des concours de recrutement des enseignants,
comme l'Agrégation ou le CAPES ? Jusqu'où ira la baisse du nombre de postes à
ces concours ?
Xavier Darcos : Nous recruterons 18 000 fonctionnaires l'année prochaine.
C'est un chiffre important. Ni le CAPES ni l'Agrégation ne seront remis en
cause. Nous souhaitons simplement, dans le cadre des équivalences européennes,
que les candidats à nos concours soient au niveau master.
Patrick PLA : Quand est-ce qu'on en finira avec le système idiot qui veut
qu'on envoie les enseignants les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les
plus fragiles dans les zones d'éducation les plus difficiles ?
Xavier Darcos : Excellente question, sur laquelle nous nous sommes tous cassé
les dents. Je ferai des propositions en ce sens, mais je ne vois pas comment
imposer à un titulaire qui est en milieu de carrière de quitter un service qui
lui convient pour aller occuper un emploi plus difficile. Mais je le répète,
c'est une des sources de nos difficultés, notamment parce que nous avons
besoin, dans les zones sensibles, d'une stabilité des équipes pédagogiques.
Mon commentaire sur les réponses de Xavier Darcos :
Mauvaise foi absolue sur la première question : 18 000 est un chiffre important certes, c'est plus important que 17 999 effectivement... Le ministre se garde bien de nous dire le nombre d'Agrégés et de Capésiens les années précédentes. Il ne répond pas à la dernière partie de ma question sur la baisse. Pour l'équivalence Agrégation/Master il y a ambiguité : l'Agrégation est un concours et le Master un diplome. Darcos veut-il dire que tous ceux qui obtiendront l'Agrégation auront le Master ?
Deuxième question : eh bien si, Monsieur le Ministre, il faut imposer à un titulaire en milieu de carrière d'aller dans une zone difficile !! Car en échange en début de carrière il aura été en zone plus "facile" (même si ce genre de zone a tendance à se rétrécir...). Le temps passé dans des zones faciles ou difficiles restera le même à l'échelle d'une carrière mais réparti différemment dans le temps. Les enseignants en fin de carrière (plus de 50 ans) retourneraient dans les zones faciles et serviraient de tuteur pour leur collègue qui iront en zone difficile. Les enseignants sont, je pense, suffisamment matures et intelligents pour accepter ce "deal". Les syndicats peut être un peu moins....
mardi 6 novembre 2007
Tout va bien... (suite et pas fin)
Donc si je résume l'actualité sociale, face aux mécontentements (à tort ou à raison) des conducteurs RATP/SNCF, des électriciens-gaziers, des postiers, des fonctionnaires, des magistrats, des policiers, des associations des droits de l'homme, des associations du droit au logement (qui est un droit de l'homme d'ailleurs), des étudiants...on décide de satisfaire les revendications des internes (et on ne les oblige plus à aller s'installer quelques années dans des contrées hostiles, sauvages et infestées de cannibales comme le Limousin, la Haute-Normandie ou la Picardie (là où on manque le plus de médecins)) et les revendications des marins pêcheurs (baisse des charges patronales) qui peuvent ainsi joyeusement continuer à vider la mer des quelques poissons qui restent.
lundi 24 septembre 2007
On n'a pas fini d'écouter France Info
Encore un brillantissime et documenté article dans Agoravox concernant la situation géopolitique actuelle. En résumé, pour sauver les Républicains et l'économie américaine, les USA préparent une attaque sur l'Iran, y compris avec des armes anti-bunkers qui sont à technologie nucléaire. Et pour justifier le tout, il est possible qu'il y ait une opération"False Flag", c'est-à-dire un attentat organisé par les USA sans doute sur leur sol mais ce serait l'Iran qui serait désigné comme coupable. Déja les USA avaient prévu de faire ce coup-là pour Cuba avant que JFKennedy y mette son veto.
Le 11 septembre 2001 est-il un "false flag"?? Un article de Wikipédia fait le point.
Le 11 septembre 2001 est-il un "false flag"?? Un article de Wikipédia fait le point.
vendredi 7 septembre 2007
Les producteurs de pétrole se la pètent

Un article du Spiegel à faire dresser les cheveux sur la tête !
Les plate-formes et les forages pétroliers brulent chaque année en pure perte 50 milliards de mètre-cube de gaz (soit 5% de la consommation annuelle). Le gaz (surtout du méthane) surplombe les couches pétrolifères et pour les compagnies purement pétrolières c'est un déchet. Vu que le pétrole est suffisamment cher pour assurer des jours heureux à leurs actionnaires et PDGs, ces compagnies "qui se soucient de l'environnement" (style Total, vous voyez le genre...) ne sentent pas le besoin d'investir dans des tuyaux pour récupérer et acheminer le gaz. Bilan : un gachis épouvantable (alors qu'on s'inquiète des réserves de gaz mondiales) et surtout une contribution majeure à la hausse de l'effet de serre d'autant plus que le méthane a un effet vingt fois supérieur par rapport au CO2.
lundi 18 juin 2007
Courage Fillon
Un article intéressant d'Agoravox où on apprend que Fillon est allé inaugurer le TGV Est en avion.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25876
Ca c'est bien de l'écologie garantie 100% UMP.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25876
Ca c'est bien de l'écologie garantie 100% UMP.
jeudi 14 juin 2007
Carte scolaire
La réforme de la carte scolaire semble à l'ordre du jour mais le gouvernement actuel prend le chamin inverse de ce qu'il faudrait faire. Il légitime et amplifie le contournement de la carte scolaire au lieu de la réformer.
La carte scolaire s'est transformée en piège à partir du moment où la carte géographique est devenue une carte sociale et où les quartiers se sont ghéttoisés, pauvre ou riche. Du coup la carte scolaire n'a fait qu'entériner l'"entre soi" et a permis de projeter la fracture sociale sur la génération suivante. Il faut donc redessiner la carte scolaire de telle manière à casser cette logique. Sur le site du Ministère de l'Education et des syndicats enseignants on peut parfaitement connaitre le pourcentage d'élèves issues de familles défavorisées dans l'établissement. Et bien ce taux, fort différent selon les établissements, doit être lissé autant que possible. Il faut faire une carte scolaire où les enfants des centre ville se mélangent aux enfants de la périphérie. Il ne faut surtout pas que les gamins d'une même cité se retrouvent dans le même collège : c'est l'assurance d'importer les problèmes de la cité dans le collège. Au contraire, il faut les éclater entre plusieurs établissements : diviser pour mieux régner : un grand classique qui fonctionne toujours. En utilisant intelligemment les lignes de bus existantes ou en réactivant ponctuellement le transport scolaire si il le faut, on peut y arriver. Et il n'y aura plus aucune raison de contourner la carte scolaire...
La carte scolaire s'est transformée en piège à partir du moment où la carte géographique est devenue une carte sociale et où les quartiers se sont ghéttoisés, pauvre ou riche. Du coup la carte scolaire n'a fait qu'entériner l'"entre soi" et a permis de projeter la fracture sociale sur la génération suivante. Il faut donc redessiner la carte scolaire de telle manière à casser cette logique. Sur le site du Ministère de l'Education et des syndicats enseignants on peut parfaitement connaitre le pourcentage d'élèves issues de familles défavorisées dans l'établissement. Et bien ce taux, fort différent selon les établissements, doit être lissé autant que possible. Il faut faire une carte scolaire où les enfants des centre ville se mélangent aux enfants de la périphérie. Il ne faut surtout pas que les gamins d'une même cité se retrouvent dans le même collège : c'est l'assurance d'importer les problèmes de la cité dans le collège. Au contraire, il faut les éclater entre plusieurs établissements : diviser pour mieux régner : un grand classique qui fonctionne toujours. En utilisant intelligemment les lignes de bus existantes ou en réactivant ponctuellement le transport scolaire si il le faut, on peut y arriver. Et il n'y aura plus aucune raison de contourner la carte scolaire...
lundi 7 mai 2007
PS (=Post Scriptum) sur les Présidentielles
Une étude intéressante de l'IFOP (il y en a) sur les intentions de vote au second tour, le tout relayé par Agoravox dans cette article
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23859
Ventilation par classe d’âge du vote Ségolène Royal au 28 avril 2007
18-24 ans : 53%
25-34 ans : 54%
35-49 ans : 56%
50/64 ans : 51%
65 ans et + : 25%
Tout va bien...
Bon alors, quelques commentaires sur la Présidentielle 2007.
Tout d'abord, rappel historique :
En 81, Mitterrand doit sa victoire à l'absence de soutien de Chirac pour VGE (c'est très clair dans la biographie de Chirac par Patrick Rotman). En 88, Mitterrand doit sa victoire à la nullité de Chirac.
En 95, Chirac doit son élection a son gros mensonge sur la réduction de la fracture sociale et au rejet du Mitterrand-fin de règne (dont Jospin malgré son droit d'inventaire apparait comme l'héritier). En 2002, Chirac doit sa réelection sur la croyance naïve que le tout-répressif va juguler la délinquance.
En 2007, Sarkozy doit son élection à une mystification, à une omerta médiatique, à la division dans les camps de l'adversaire. La mystification : faire croire qu'il est à l'écoute des aspirations des classes populaires et que ses mesures présentées sont sociales. L'omerta : les médias à ses pieds car les principaux propriétaires médiatiques et journalistes sont ses amis. Donc silence radio et télé sur ses contradictions, ses pertes de sang froid répétées dès qu'il n'a plus une caméra braquée sur lui, ses promesses intenables (remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite...), ses petits arrangements entre amis (appartement de Neuilly), sa lacheté (je n'attaque jamais "Madame Royal" mais je donne carte blanche à Copé, Hortefeux et acolytes pour le faire). Et la dictature des sondages : même quand il y a un reportage sur Royal, marteler sans cesse qu'elle est distancée dans les sondages, c'est finalement jeter le discrédit sur son programme supposé pas convaincant (je fais exprès de raisonner comme la France qui regarde Pernault et PPDA). Celui qui fait la course en tête gagnerait en sérieux et en légitimité.
La division : la droite UMP-Villiers-FN est relativement soudée idéologiquement, à part sur l'Europe, mais ce dernier sujet est mineur (à tort) dans la tête des gens. L'UMP malgré de très fortes divergences au départ (sarkozystes contre chiraquiens) a fini, comme toujours, par s'aligner comme un seul homme et au pas sur un guide suprême. LeS PS (le PS de DSK, le PS de Fabius et Emmanuelli, le PS de Montebourg) par contre et les autres partis de gauche ont des cultures trop différentes pour pouvoir former un ensemble cohérent et surtout former le grand'écart pour s'allier à l'UDF. D'où la navigation à vue de Ségolène Royal sur les sujets sociaux et économiques, où elle n'avait pas d'autres choix que de rester dans un flou artistique pour ne facher personne, ce qui lui a été fatal notamment lors du duel pour le deuxième tour. Avec le recul (c'est toujours facile après), le meilleur candidat était Strauss-Kahn car il aurait rassembler beaucoup plus de voix bayrouistes en étant plus clair et incisif en matière économique. Et il aurait eu plus de hauteur de vue pour le duel avec Sarkozy et paradoxalement aurait sans doute taper plus fort sur lui sans avoir à entrer dans une "colère" même saine. DSK a l'art de sortir les plus grosses vacheries tout en restant calme et majestueux, c'est une qualité essentielle en politique (cf. Mitterrand). Et quand Royal essaie de la jouer démago (faire racompagner les femmes fonctionnaires le soir), elle trouve toujours plus fort qu'elle sur ce terrain, Sarko est imbattable de ce coté.
Donc au final, Royal continue de s'admirer dans le miroir de la foule qui l'a portée et Sarkozy entame son mandat en allant diner au Fouquet's. Tout va bien...
Tout d'abord, rappel historique :
En 81, Mitterrand doit sa victoire à l'absence de soutien de Chirac pour VGE (c'est très clair dans la biographie de Chirac par Patrick Rotman). En 88, Mitterrand doit sa victoire à la nullité de Chirac.
En 95, Chirac doit son élection a son gros mensonge sur la réduction de la fracture sociale et au rejet du Mitterrand-fin de règne (dont Jospin malgré son droit d'inventaire apparait comme l'héritier). En 2002, Chirac doit sa réelection sur la croyance naïve que le tout-répressif va juguler la délinquance.
En 2007, Sarkozy doit son élection à une mystification, à une omerta médiatique, à la division dans les camps de l'adversaire. La mystification : faire croire qu'il est à l'écoute des aspirations des classes populaires et que ses mesures présentées sont sociales. L'omerta : les médias à ses pieds car les principaux propriétaires médiatiques et journalistes sont ses amis. Donc silence radio et télé sur ses contradictions, ses pertes de sang froid répétées dès qu'il n'a plus une caméra braquée sur lui, ses promesses intenables (remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite...), ses petits arrangements entre amis (appartement de Neuilly), sa lacheté (je n'attaque jamais "Madame Royal" mais je donne carte blanche à Copé, Hortefeux et acolytes pour le faire). Et la dictature des sondages : même quand il y a un reportage sur Royal, marteler sans cesse qu'elle est distancée dans les sondages, c'est finalement jeter le discrédit sur son programme supposé pas convaincant (je fais exprès de raisonner comme la France qui regarde Pernault et PPDA). Celui qui fait la course en tête gagnerait en sérieux et en légitimité.
La division : la droite UMP-Villiers-FN est relativement soudée idéologiquement, à part sur l'Europe, mais ce dernier sujet est mineur (à tort) dans la tête des gens. L'UMP malgré de très fortes divergences au départ (sarkozystes contre chiraquiens) a fini, comme toujours, par s'aligner comme un seul homme et au pas sur un guide suprême. LeS PS (le PS de DSK, le PS de Fabius et Emmanuelli, le PS de Montebourg) par contre et les autres partis de gauche ont des cultures trop différentes pour pouvoir former un ensemble cohérent et surtout former le grand'écart pour s'allier à l'UDF. D'où la navigation à vue de Ségolène Royal sur les sujets sociaux et économiques, où elle n'avait pas d'autres choix que de rester dans un flou artistique pour ne facher personne, ce qui lui a été fatal notamment lors du duel pour le deuxième tour. Avec le recul (c'est toujours facile après), le meilleur candidat était Strauss-Kahn car il aurait rassembler beaucoup plus de voix bayrouistes en étant plus clair et incisif en matière économique. Et il aurait eu plus de hauteur de vue pour le duel avec Sarkozy et paradoxalement aurait sans doute taper plus fort sur lui sans avoir à entrer dans une "colère" même saine. DSK a l'art de sortir les plus grosses vacheries tout en restant calme et majestueux, c'est une qualité essentielle en politique (cf. Mitterrand). Et quand Royal essaie de la jouer démago (faire racompagner les femmes fonctionnaires le soir), elle trouve toujours plus fort qu'elle sur ce terrain, Sarko est imbattable de ce coté.
Donc au final, Royal continue de s'admirer dans le miroir de la foule qui l'a portée et Sarkozy entame son mandat en allant diner au Fouquet's. Tout va bien...
jeudi 19 avril 2007
Segolene 3476890 points
A l'approche des élections, un joli article sur Agoravox sur un nouveau mode de scrutin :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22668
Ce nouveau mode sera testé à Orsay, ville où je travaille mais je n'habite pas là (c'est le moins que l'on puisse dire...). C'est une idée émise par des mathématiciens de l'Ecole Polytechnique et du CNRS : il s'agit de donner une note (ou plutot une appréciation de "très bien" à "à rejeter" en passant par "bien" , "passable" etc... qui sera transformée en points) à chacun des candidats; celui qui a le plus de points a gagné en un tour. Je vois des avantages à ce système : cela permet de donner une vision plus juste de ce que pense un électeur. Parmis le spectre des 12 candidats, il y en a que je déteste (et qui sont dangereux pour ce pays), d'autres qui ne me "dérangent" pas (y sont gentils quoi), d'autres que j'aime un peu ou bien ou même beaucoup et qui ont d'ailleurs dans leurs programmes des propositions que j'aurais moi-même faites si j'étais candidat (les grands esprits se rencontrent). En glissant mon bulletin de vote classique dans l'urne près de chez moi dimanche, la subtilité de mes jugements sur les candidats sera réduit à un seul nom, une véritable caricature qui voudra que j'encense une personne et que je voue à la pourriture quinquennale les 11 autres. Le nouveau système évite cela et limite les surprises et les messages de travers : appliqué le 21 Avril 2002, il aurait permis à Jospin d'acquérir la deuxième place, ce qui est sans doute une vision plus juste de ce que les Français collectivement ont vraiment voulu dire ce jour-là.
Le problème c'est que ce système n'arrange pas les grands partis. On n'est pas donc pas près de le voir appliquer. Rendez-vous à la VIIème République !
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22668
Ce nouveau mode sera testé à Orsay, ville où je travaille mais je n'habite pas là (c'est le moins que l'on puisse dire...). C'est une idée émise par des mathématiciens de l'Ecole Polytechnique et du CNRS : il s'agit de donner une note (ou plutot une appréciation de "très bien" à "à rejeter" en passant par "bien" , "passable" etc... qui sera transformée en points) à chacun des candidats; celui qui a le plus de points a gagné en un tour. Je vois des avantages à ce système : cela permet de donner une vision plus juste de ce que pense un électeur. Parmis le spectre des 12 candidats, il y en a que je déteste (et qui sont dangereux pour ce pays), d'autres qui ne me "dérangent" pas (y sont gentils quoi), d'autres que j'aime un peu ou bien ou même beaucoup et qui ont d'ailleurs dans leurs programmes des propositions que j'aurais moi-même faites si j'étais candidat (les grands esprits se rencontrent). En glissant mon bulletin de vote classique dans l'urne près de chez moi dimanche, la subtilité de mes jugements sur les candidats sera réduit à un seul nom, une véritable caricature qui voudra que j'encense une personne et que je voue à la pourriture quinquennale les 11 autres. Le nouveau système évite cela et limite les surprises et les messages de travers : appliqué le 21 Avril 2002, il aurait permis à Jospin d'acquérir la deuxième place, ce qui est sans doute une vision plus juste de ce que les Français collectivement ont vraiment voulu dire ce jour-là.
Le problème c'est que ce système n'arrange pas les grands partis. On n'est pas donc pas près de le voir appliquer. Rendez-vous à la VIIème République !
mardi 20 mars 2007
La sondagite en plaques
Une véritable épidémie cette année. On ne peut pas avoir une émission de télé ou de radio sur l'élection présidentielle sans que ce soit le centre d'intéret principal du journaliste : les sondages. On ne parle plus tant des projets, des programmes, des propositions mais ce que pense XX de la montée de XY ? Et si cette montée ne prend pas des voix à YY ? (je vous laisse deviner qui est YY mais ce n'est pas très difficile...la testostérone rend agressif...). Et si on parle de propositions on se demande immédiatement si un(e) tel(le) ne les propose pas pour contrer la montée d'un(e) tel(le). Or les sondages, comme tout outil statistique, sont à prendre avec d'infinis précautions (en dehors du fait que Laurence Parisot, présidente du MEDEF, qui roule pour le petit Nicolas est directrice d'un institut de sondage...). D'abord il y a un problème d'échantillonage. Le Canard Enchainé révélait que le quart de la population n'est pas atteignable par les sondages (causes : refus de répondre, possession que d'un portable alors que les enquêtes se font par téléphone vers les numéros des fixes, pas facilement joignable (les personnes qui travaillent à horaires décalés)...). Il y a un déficit de jeunes et de personnes de milieu poupulaire dans l'échantillon. Les instituts de sondage le savent et corrigent à la main...en fonction des résultats de l'élection précédente. Or 2007 ne ressemble en rien à 2002 (tout comme 2002 a été très différent de 1995 c'est le moins que l'on puisse dire...). Ensuite, il y a les marges d'erreur dont on ne parle jamais mais qui peuvent atteindre 3 voire 5 % ce qui peut changer grand'chose !! Une manière de présenter plus honnêtement les sondages serait de le faire comme dans les graphiques suivants (vous reconnaitrez facilement qui est qui dans les courbes).


mardi 13 mars 2007
Rats des villes et rat des champs transgéniques
D'après un article publié dans une revue de toxicologie (dont Le Monde rend compte aujourd'hui
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-882385@51-852781,0.html ), il semblerait que le maïs transgénique de la firme Monsanto qui produit une substance qui tue un parasite du maïs (la pyrale) soit toxique pour le foie et pour les reins, ou en tout cas change certains paramètres de fonctionnement de ces organes, ce qui aboutit notamment à des changements dans la composition des urines. Le tout a été fait chez le rat.
L'originalité de cette étude est que les expérimentations et les chiffres bruts proviennent d'expériences de la firme Monsanto elle-même, classés secrets (pourquoi d'ailleurs ?), mais que Greenpeace a pu obtenir à la suite d'un procès en Allemagne. Les "chercheurs" de la firme, sans doute confortablement rémunérés par Monsanto, avaient conclu à l'inocuité du maïs (Dans la série "on ne trouve que ce qu'on cherche"). Ils avaient bien vu des effets sur le foie, mais comme "les effets étaient différents chez les mâles et chez les femelles alors ce ne devait pas être bien grave" : un raisonnement très pertinent effectivement...
Le coeur de la contradiction entre les "Monsanto" et le labo français à qui Greenpeace a demandé de retraiter les données concerne la variabilité. Le labo français s'est concentré sur les différences observées après ingestion d'un maïs transgénique (chez des rats) et des ingestions d'un maïs de la même souche, mais non transgénique. Monsanto a plutot insisté sur la comparaison avec d'autres souches de maïs et montré que la variabilité des paramètres entre maïs transgénique et non transgénique est du même ordre que celle entre des maïs de différentes souches et donc qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. C'est un peu comme si vous mangiez un coup du maïs mexicain et un autre coup un maïs péruvien. Effectivement, les rats ne semblent pas mourir en masse en mangeant du maïs Monsanto et les millions d'Américains qui consomment ce maïs sont toujours à peu près vivants. Néanmoins, il faudrait s'interroger sur le fait qu'en ajoutant un seul gène dans un maïs, on fait varier d'autant des paramètres physiologiques qu'en changeant de souche qui diffère sans doute sur de multiples allèles. C'est que le gène introduit n'est pas si anodin que cela et cela mérite apporfondissement, ce que les Monsanto's boys and girls se sont bien garder de faire, après tout le but de leur "recherche" est de trouver des arguments a minima pour convaincre la population qu'ils ne vont pas mourir tout de suite après avoir bouffer leur pop corn. Qu'ils meurent dix ans ou vingt ans plus tard, ils n'en ont rien à faire; ça ne se verra pas trop ou en tout cas pas tout de suite (et puis d'ici là on aura suffisamment accumuler de dividendes pour qu'une partie serve à indemniser les victimes si d'aventure on en arrive à un procès...).
Ce joyeux épisode montre la nécessité de mettre en place un organisme indépendant de tout financement privé (donc 100% public) qui fasse des recherches en toute transparence sur les nouveaux produits et technologies avant mise sur le marché. Le problème se pose pour les OGM ou pour les téléphones portables (antennes et combiné) et aussi pour les nanotechnologies. On ne peut pas faire confiance aux études menées par des "chercheurs" payés par les firmes car ces dernières se retrouvent être juge et partie (autre scandale récent : la commission sur les antennes de portable avec des gens payés par les opérateurs de téléphonie mobile dedans). Il faut que les études soient menées par des gens qui gagneront à la fin du mois la même somme et qui auront la même carrière si ils disent que le produit X est OK ou toxique, sinon le jeu est biaisé, la nature humaine étant ce qu'elle est. C'est la seule manière finalement de remettre de la confiance entre la population, la technologie et le progrès, car ces derniers ont été tellement privatisés et associés à des mensonges ("mais non la cigarette ne peut pas provoquer de cancer") que le grand public est devenu, à juste titre, très méfiant. Aucune nouvelle technologie n'est sans risque, or nous en avons besoin pour régler nos problèmes. Mais il faut avoir une vision claire des couts et des bénéfices.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-882385@51-852781,0.html ), il semblerait que le maïs transgénique de la firme Monsanto qui produit une substance qui tue un parasite du maïs (la pyrale) soit toxique pour le foie et pour les reins, ou en tout cas change certains paramètres de fonctionnement de ces organes, ce qui aboutit notamment à des changements dans la composition des urines. Le tout a été fait chez le rat.
L'originalité de cette étude est que les expérimentations et les chiffres bruts proviennent d'expériences de la firme Monsanto elle-même, classés secrets (pourquoi d'ailleurs ?), mais que Greenpeace a pu obtenir à la suite d'un procès en Allemagne. Les "chercheurs" de la firme, sans doute confortablement rémunérés par Monsanto, avaient conclu à l'inocuité du maïs (Dans la série "on ne trouve que ce qu'on cherche"). Ils avaient bien vu des effets sur le foie, mais comme "les effets étaient différents chez les mâles et chez les femelles alors ce ne devait pas être bien grave" : un raisonnement très pertinent effectivement...
Le coeur de la contradiction entre les "Monsanto" et le labo français à qui Greenpeace a demandé de retraiter les données concerne la variabilité. Le labo français s'est concentré sur les différences observées après ingestion d'un maïs transgénique (chez des rats) et des ingestions d'un maïs de la même souche, mais non transgénique. Monsanto a plutot insisté sur la comparaison avec d'autres souches de maïs et montré que la variabilité des paramètres entre maïs transgénique et non transgénique est du même ordre que celle entre des maïs de différentes souches et donc qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. C'est un peu comme si vous mangiez un coup du maïs mexicain et un autre coup un maïs péruvien. Effectivement, les rats ne semblent pas mourir en masse en mangeant du maïs Monsanto et les millions d'Américains qui consomment ce maïs sont toujours à peu près vivants. Néanmoins, il faudrait s'interroger sur le fait qu'en ajoutant un seul gène dans un maïs, on fait varier d'autant des paramètres physiologiques qu'en changeant de souche qui diffère sans doute sur de multiples allèles. C'est que le gène introduit n'est pas si anodin que cela et cela mérite apporfondissement, ce que les Monsanto's boys and girls se sont bien garder de faire, après tout le but de leur "recherche" est de trouver des arguments a minima pour convaincre la population qu'ils ne vont pas mourir tout de suite après avoir bouffer leur pop corn. Qu'ils meurent dix ans ou vingt ans plus tard, ils n'en ont rien à faire; ça ne se verra pas trop ou en tout cas pas tout de suite (et puis d'ici là on aura suffisamment accumuler de dividendes pour qu'une partie serve à indemniser les victimes si d'aventure on en arrive à un procès...).
Ce joyeux épisode montre la nécessité de mettre en place un organisme indépendant de tout financement privé (donc 100% public) qui fasse des recherches en toute transparence sur les nouveaux produits et technologies avant mise sur le marché. Le problème se pose pour les OGM ou pour les téléphones portables (antennes et combiné) et aussi pour les nanotechnologies. On ne peut pas faire confiance aux études menées par des "chercheurs" payés par les firmes car ces dernières se retrouvent être juge et partie (autre scandale récent : la commission sur les antennes de portable avec des gens payés par les opérateurs de téléphonie mobile dedans). Il faut que les études soient menées par des gens qui gagneront à la fin du mois la même somme et qui auront la même carrière si ils disent que le produit X est OK ou toxique, sinon le jeu est biaisé, la nature humaine étant ce qu'elle est. C'est la seule manière finalement de remettre de la confiance entre la population, la technologie et le progrès, car ces derniers ont été tellement privatisés et associés à des mensonges ("mais non la cigarette ne peut pas provoquer de cancer") que le grand public est devenu, à juste titre, très méfiant. Aucune nouvelle technologie n'est sans risque, or nous en avons besoin pour régler nos problèmes. Mais il faut avoir une vision claire des couts et des bénéfices.
mercredi 21 février 2007
Sarkoland et la banlieue
Allez voir sur le toujours excellent Blog "Paris est sa banlieue" cet article :
http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr/2007/02/19/on-va-transformer-notre-quartier-en-banlieue-ou-quand-auteuil-donne-le-ton-a-la-mixite-sociale/
Ghetto de riches contre ghettos de pauvres : la fracture sociale se traduit désormais en fracture territoriale. La population française se fractionne en clans, en tribus, en chapelles. Ce n'est pas tant la diversité qui est le problème mais l'enfermement. C'est comme si dans une famille chacun s'enferme dans sa pièce. Ca commence à sentir le moisi. Et ce n'est pas Nicolas S. qui va aérer tout ça...
http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr/2007/02/19/on-va-transformer-notre-quartier-en-banlieue-ou-quand-auteuil-donne-le-ton-a-la-mixite-sociale/
Ghetto de riches contre ghettos de pauvres : la fracture sociale se traduit désormais en fracture territoriale. La population française se fractionne en clans, en tribus, en chapelles. Ce n'est pas tant la diversité qui est le problème mais l'enfermement. C'est comme si dans une famille chacun s'enferme dans sa pièce. Ca commence à sentir le moisi. Et ce n'est pas Nicolas S. qui va aérer tout ça...
lundi 12 février 2007
La revanche d'Eole

Un article d'actualité dans le dernier Science sur les éoliennes. L'énergie éolienne est un véritable cadeau pour le développement durable, mais ce cadeau est peut être empoisonné. En effet le vent étant très "volatil", on ne peut pas compter sur lui en permanence et donc théoriquement pour chaque kWh produit par une éolienne, il faut prévoir un autre mode de production qui permet de pallier l'absence de vent. Or ce mode de production ne peut être qu'une centrale au charbon ou au gaz (et donc générateur de beaucoup de gaz à effet de serre) car il faut une réactivité temporelle assez forte ce que ne permettent pas les centrales nucléaires. Pour vraiment miser sur l'éolien, il faut changer d'échelle et passer à l'échelle continentale. Une société irlandaise (Airtricity) se propose de mettre en place (progressivement) un véritable réseau d'éoliennes off-shore (en mer, là où les vents soufflent plus régulièrement; l'électricité est ramenée au continent par des cables) de la mer Baltique à la Méditerrannée en passant par la Manche et l'Atlantique. Des études montrent que la dynamique des anticyclones et des dépressions fait en sorte que la production d'électricité serait relativement constante sur une grande partie de l'année ou en tout cas ne descendrait jamais en dessous d'un certain niveau. En effet, à cette échelle, il y aura toujours une région ventée pour compenser une région avec mer d'huile et calme plat. Le tout pourrait produire 10 GWatts soit la consommation de 8 millions de foyers soit plus que l'Ile de France, Marseille et Lyon réunis. Il y aurait plus de 2000 turbines géantes. Voila le genre de projet auquel l'Europe doit donner un coup de pouce, ce qui suppose que l'Europe ait une politique énergétique commune. Ca va être très cher à mettre en place mais il arrivera un moment où l'énergie sera tellement cher économiquement et en qualité de vie qu'on ne se posera même plus la question...Alors commençons dès maintenant...
mardi 30 janvier 2007
Climat planétaire
Les scientifiques du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) sont réunis à Paris et constatent que les phénomènes liés au réchauffement climatique du aux gaz à effet de serre s'accélèrent. La nouvelle fourchette de hausse des températures en 2100 est comprise entre 2 et 4,5 degrés par rapport aux temps pré-inductriels (1800 en gros), avec la plus forte probabilité vers 3°C, ce qui correspond à un niveau moyen-haut par rapport à la fourchette donnée 5 ans plus tot.
Notre civilisation est exactement dans l'état d'un patient à qui on vient de diagnostiquer un cancer du poumon lié au tabac. Il y a plusieurs attitudes possibles : soit une dénégation révisioniste (les médecins se trompent), soit un catastrophisme nihiliste (je continue à fumer et je m'en fiche), soit une déresponsabilisation évangélique et une croyance aux miracles (je ne change rien à mes habitudes et une technologie-miracle viendra me sauver (ou Dieu pour certains...) parceque le malheur n'arrive qu'aux autres (vous avez reconnu G. W. Bush et son copain Nicolas S. bien sur)), soit la volonté d'affronter la maladie (arrêt du tabac et chimiothérapie avec un passage difficile à court terme mais des chances non négligeables de survie à long terme).
Si on est partisan du dernier choix, il faut agir au plus vite et dès maintenant. De toute manière, notre civilisation fondée sur l'énergie peu chère et l'exploitation sans limite des ressources planétaires va changer de gré ou de force. Soit on va subir; soit on prévoit, on anticipe et on amortit le choc. L'une des principales sources d'effet de serre (pétrole) va se tarir bientot (ou plutot devenir trop chère pour une utilisation de masse). C'est en fait un véritable cadeau et une chance car cela force à réfléchir, à imaginer et à inventer. Les gens sont d'autant près à bouger car à des raisons écologiques et humanitaires (qui à part pour se donner bonne conscience ne mobilisent pas les foules) s'ajoutent des raisons économiques : si on ne fait rien le réchauffement climatique prévu coutera bien plus cher que ce que l'on pourrait faire aujourd'hui pour le limiter.
Dans ce contexte, la France ne peut se permettre de se doter pour 5 ans d'un président totalement ignare de la question, qui ne parle jamais spontanément d'écologie dans ses interviews, et qui n'a signé le pacte écologique d'Hulot que pour ne pas se retrouver seul avec Le Pen à ne pas l'avoir signé. La principale candidate de gauche ne sait peut-être pas combien il y a de sous-marins nucléaires en France mais comprend infiniment mieux les questions d'environnement. Néanmoins, elle aura besoin d'aiguillons qui la poussent à aller de l'avant. Et les seuls à pouvoir le faire : ce sont les Verts, qui ont ainsi une occasion historique de sortir du niveau des paquerettes où ils se trouvent. Il faut, je pense, voter massivement pour eux, pas forcément à la Présidentielle mais aux Législatives qui suivront (et surtout même si d'aventure Nicolas S. gagne d'ailleurs) pour qu'ils décrochent autre chose que le sacro-saint et étriqué Ministère de l'Environnement. Ce serait logique que les Verts soient aussi au Ministère des Transports, de l'Aménagement du Territoire voire même au Ministère de l'Industrie et du Commerce (ce qui nous donnerait un quinquennat animé mais fertile). Il est temps de sortir de l'écologie-pour-se-donner-bonne-conscience genre la réintroduction des ours dans les Pyrénées : c'est bien mais ça n'est plus vraiment le problème et l'enjeu. D'ailleurs à quoi ça sert de réintroduire les ours si ils y crèvent de chaud (littéralement) dans quelques années...
Ensuite, il faut enclencher un mouvement mondial et surtaxer les produits des pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto et les protocoles suivants à partir de 2012. Car produire sans faire attention au CO2 que l'on rejette c'est de la concurrence déloyale par rapport aux pays qui font des efforts. Le problème des pays en voie de développement c'est que leur émission de CO2 ne peuvent qu'augmenter ce qui oblige les pays développés à redoubler d'effort pour faire baisser les leur. Mais ce n'est que justice car finalement pendant des années , nous avons profité du retard de ces pays tout en leur envoyant notre propre excès de CO2 à la figure.
Notre civilisation est exactement dans l'état d'un patient à qui on vient de diagnostiquer un cancer du poumon lié au tabac. Il y a plusieurs attitudes possibles : soit une dénégation révisioniste (les médecins se trompent), soit un catastrophisme nihiliste (je continue à fumer et je m'en fiche), soit une déresponsabilisation évangélique et une croyance aux miracles (je ne change rien à mes habitudes et une technologie-miracle viendra me sauver (ou Dieu pour certains...) parceque le malheur n'arrive qu'aux autres (vous avez reconnu G. W. Bush et son copain Nicolas S. bien sur)), soit la volonté d'affronter la maladie (arrêt du tabac et chimiothérapie avec un passage difficile à court terme mais des chances non négligeables de survie à long terme).
Si on est partisan du dernier choix, il faut agir au plus vite et dès maintenant. De toute manière, notre civilisation fondée sur l'énergie peu chère et l'exploitation sans limite des ressources planétaires va changer de gré ou de force. Soit on va subir; soit on prévoit, on anticipe et on amortit le choc. L'une des principales sources d'effet de serre (pétrole) va se tarir bientot (ou plutot devenir trop chère pour une utilisation de masse). C'est en fait un véritable cadeau et une chance car cela force à réfléchir, à imaginer et à inventer. Les gens sont d'autant près à bouger car à des raisons écologiques et humanitaires (qui à part pour se donner bonne conscience ne mobilisent pas les foules) s'ajoutent des raisons économiques : si on ne fait rien le réchauffement climatique prévu coutera bien plus cher que ce que l'on pourrait faire aujourd'hui pour le limiter.
Dans ce contexte, la France ne peut se permettre de se doter pour 5 ans d'un président totalement ignare de la question, qui ne parle jamais spontanément d'écologie dans ses interviews, et qui n'a signé le pacte écologique d'Hulot que pour ne pas se retrouver seul avec Le Pen à ne pas l'avoir signé. La principale candidate de gauche ne sait peut-être pas combien il y a de sous-marins nucléaires en France mais comprend infiniment mieux les questions d'environnement. Néanmoins, elle aura besoin d'aiguillons qui la poussent à aller de l'avant. Et les seuls à pouvoir le faire : ce sont les Verts, qui ont ainsi une occasion historique de sortir du niveau des paquerettes où ils se trouvent. Il faut, je pense, voter massivement pour eux, pas forcément à la Présidentielle mais aux Législatives qui suivront (et surtout même si d'aventure Nicolas S. gagne d'ailleurs) pour qu'ils décrochent autre chose que le sacro-saint et étriqué Ministère de l'Environnement. Ce serait logique que les Verts soient aussi au Ministère des Transports, de l'Aménagement du Territoire voire même au Ministère de l'Industrie et du Commerce (ce qui nous donnerait un quinquennat animé mais fertile). Il est temps de sortir de l'écologie-pour-se-donner-bonne-conscience genre la réintroduction des ours dans les Pyrénées : c'est bien mais ça n'est plus vraiment le problème et l'enjeu. D'ailleurs à quoi ça sert de réintroduire les ours si ils y crèvent de chaud (littéralement) dans quelques années...
Ensuite, il faut enclencher un mouvement mondial et surtaxer les produits des pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto et les protocoles suivants à partir de 2012. Car produire sans faire attention au CO2 que l'on rejette c'est de la concurrence déloyale par rapport aux pays qui font des efforts. Le problème des pays en voie de développement c'est que leur émission de CO2 ne peuvent qu'augmenter ce qui oblige les pays développés à redoubler d'effort pour faire baisser les leur. Mais ce n'est que justice car finalement pendant des années , nous avons profité du retard de ces pays tout en leur envoyant notre propre excès de CO2 à la figure.
vendredi 26 janvier 2007
Vive les impots !
Le débat fiscal est présent dans la campagne présidentielle et évidemment on retrouve toujours les mêmes clivages : la gauche qui veut augmenter les impots (ou du moins ne pas les diminuer) mais ne veut pas le dire trop fort et la droite qui veut baisser les impots mais qui ne veut surtout pas dire dans quelles dépenses (éducation ? culture ? santé ? défense ? justice ?...) elle souhaite tailler. La promesse de Nicolas S. de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est tout simplement intenable vu que l'on ne peut pas le faire à l'Education (40 élèves par classe ???), ni à l'Intérieur (Nicolas S voudrait-il moins de policiers ???!!!???), ni à la Justice et à la Santé (là il faudrait embaucher plutot...), ni à la Défense (la situation géopolitique étant ce qu'elle est (un certain parfum d'années 30...))...etc...
Le débat sur les impots et les charges sociales doit être pris autrement. La question centrale est la suivante : l'argent prélevé par l'Etat et affiliés (sécu...etc...) ou par les collectivités territoriales serait-il mieux utilisé si il restait dans la poche des entreprises et des contribuables ? Question corollaire : un Etat peut-il être constitué de la juxtaposition d'égoismes ou faut-il qu'il y ait une ou des structures qui permettent de défendre efficacemment des valeurs communes et d'atténuer les inégalités injustes que la Main Invisible du Marché (qui est aussi une main aveugle) ne peut que générer. La question centrale n'est donc pas le niveau des charges et des impots mais ce qui est fait avec cet argent. Or quoi de plus utile (même au sens économique du terme) de permettre au maximum de gens de se soigner correctement à des couts abordables, d'avoir des transports en commun efficaces, une police et une justice efficaces, une éducation efficace, et de permettre aux retraités de vivre décemment (et incidemment de continuer à consommer) une fois sorti de la vie active. Est-on sur que si on laissait une partie de l'argent prélevé à Total, à BNP Paribas, à McDonald's France ou même à la PME locale, cet argent serait utilisé pour faire des choses plus utiles que cela ? Je pense que non. Dans le cas des particuliers, ça peut un peu plus se discuter mais je pense globalement que la réponse est la même. Il faut arrêter de s'imaginer que l'argent donné aux impots ou en charges sociales est de l'argent jeté par les fenêtres. C'est de l'argent qui de toute manière retourne dans l'économie (moi, fonctionnaire payé par l'argent des impots, je fais vivre la FNAC, Gibert Joseph, le Franprix et la boulangerie à coté de chez moi, ma banque, mon assureur, mon syndic de copropriété, l'électricien qui a refait l'électricité chez moi...etc...). Et cet argent retourne dans l'économie de manière intelligente c'est-à-dire qu'au passage, il fait baisser directement (les fonctionnaires) et indirectement (le salaire des fonctionnaires qui peuvent consommer) le chomage, il assure des services essentiels (sécurité, justice, transport, éducation, santé...) au pays, il crée non pas une "valeur" égoiste qui va ne profiter qu'à un nombre limité de personnes mais des "valeurs" communes qui profitent à tout le monde.
Bien sur, il y a des gaspillages, des fonctionnaires incompétents qu'il faudrait pouvoir virer plus facilement...Il faut lutter contre et ne pas les utiliser comme prétexte opportuniste pour hurler contre l'ensemble du système qui reste fondamentalement sain. Le problème fiscal est une question de la qualité de son utilisation et non pas de quantité prélevée.
Le débat sur les impots et les charges sociales doit être pris autrement. La question centrale est la suivante : l'argent prélevé par l'Etat et affiliés (sécu...etc...) ou par les collectivités territoriales serait-il mieux utilisé si il restait dans la poche des entreprises et des contribuables ? Question corollaire : un Etat peut-il être constitué de la juxtaposition d'égoismes ou faut-il qu'il y ait une ou des structures qui permettent de défendre efficacemment des valeurs communes et d'atténuer les inégalités injustes que la Main Invisible du Marché (qui est aussi une main aveugle) ne peut que générer. La question centrale n'est donc pas le niveau des charges et des impots mais ce qui est fait avec cet argent. Or quoi de plus utile (même au sens économique du terme) de permettre au maximum de gens de se soigner correctement à des couts abordables, d'avoir des transports en commun efficaces, une police et une justice efficaces, une éducation efficace, et de permettre aux retraités de vivre décemment (et incidemment de continuer à consommer) une fois sorti de la vie active. Est-on sur que si on laissait une partie de l'argent prélevé à Total, à BNP Paribas, à McDonald's France ou même à la PME locale, cet argent serait utilisé pour faire des choses plus utiles que cela ? Je pense que non. Dans le cas des particuliers, ça peut un peu plus se discuter mais je pense globalement que la réponse est la même. Il faut arrêter de s'imaginer que l'argent donné aux impots ou en charges sociales est de l'argent jeté par les fenêtres. C'est de l'argent qui de toute manière retourne dans l'économie (moi, fonctionnaire payé par l'argent des impots, je fais vivre la FNAC, Gibert Joseph, le Franprix et la boulangerie à coté de chez moi, ma banque, mon assureur, mon syndic de copropriété, l'électricien qui a refait l'électricité chez moi...etc...). Et cet argent retourne dans l'économie de manière intelligente c'est-à-dire qu'au passage, il fait baisser directement (les fonctionnaires) et indirectement (le salaire des fonctionnaires qui peuvent consommer) le chomage, il assure des services essentiels (sécurité, justice, transport, éducation, santé...) au pays, il crée non pas une "valeur" égoiste qui va ne profiter qu'à un nombre limité de personnes mais des "valeurs" communes qui profitent à tout le monde.
Bien sur, il y a des gaspillages, des fonctionnaires incompétents qu'il faudrait pouvoir virer plus facilement...Il faut lutter contre et ne pas les utiliser comme prétexte opportuniste pour hurler contre l'ensemble du système qui reste fondamentalement sain. Le problème fiscal est une question de la qualité de son utilisation et non pas de quantité prélevée.
samedi 13 janvier 2007
Endiguer la pandémie aérienne

Intéressant petit article dans Nature de cette semaine sur la nécessité d'inclure les émissions des gaz à effet de serre émis par les avions dans les critères du protocole qui suivra le protocole de Kyoto pour espérer sauver ce qui peut l'être du climat de notre planète. Le problème est le suivant : le nombre de passagers aériens devrait plus que doubler par rapport à 2000 en 2030 (rien que pour la Chine le nombre de passager a augmenté de 28% entre 2003 et 2004). Or les gains d'efficacité des moteurs liés à leur modernisation ne dépassera sans doute pas 1 à 2% par an. D'où une explosion de la quantité (déja conséquente) de CO2 relachée dans l'atmosphère par les avions (sans compter les nuisances sonores et la saturation de l'espace aérien, déja réelle en Europe). En Grande-Bretagne, il a été calculé que les émissions de CO2 par l'aviation augmente de 7% par an. Ne pas inclure ces gaz dans les nécessaires protocoles de réduction à venir revient à ne pas traiter sérieusement le problème. Evidemment, le lobby aérien ne veut rien entendre (le président de "Ryanair" a évidemment qualifié la proposition d'"idiote", de "mal informée" et ne "comprend pas où est le problème du sysytème actuel"...l'argent rend sourd et aveugle effectivement....).
Les solutions sont claires : l'avion ne doit être utilisé que si il n'y a pas d'autres alternatives (vols transatlantiques...). Les alternatives sur les continents, il faut les créer, grâce au développement des trains à grande vitesse et notamment du Transrapid dont j'ai déja parlé ici. Traverser les continents à 400 voire 500 km/h de centre-ville à centre-ville c'est la mort assurée du court et du moyen courrier ! D'ailleurs il faudrait interdire toute liaison aérienne entre des villes joignables en moins de 3 heures 30 par voie terrestre. Ensuite il faut revoir la convention de Chicago de 1947 qui interdit la taxation sur le fuel pour les avions, ce qui donne au transport aérien des avantages démesurés par rapport au cout qu'il fait subir à l'environnement et à la santé. Enfin, je pense qu'il faudrait un peu revenir sur la "mode" des voyages exotiques lointains; l'exotisme et la découverte n'est pas forcément une question de distance.
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