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jeudi 14 juin 2007

Carte scolaire

La réforme de la carte scolaire semble à l'ordre du jour mais le gouvernement actuel prend le chamin inverse de ce qu'il faudrait faire. Il légitime et amplifie le contournement de la carte scolaire au lieu de la réformer.
La carte scolaire s'est transformée en piège à partir du moment où la carte géographique est devenue une carte sociale et où les quartiers se sont ghéttoisés, pauvre ou riche. Du coup la carte scolaire n'a fait qu'entériner l'"entre soi" et a permis de projeter la fracture sociale sur la génération suivante. Il faut donc redessiner la carte scolaire de telle manière à casser cette logique. Sur le site du Ministère de l'Education et des syndicats enseignants on peut parfaitement connaitre le pourcentage d'élèves issues de familles défavorisées dans l'établissement. Et bien ce taux, fort différent selon les établissements, doit être lissé autant que possible. Il faut faire une carte scolaire où les enfants des centre ville se mélangent aux enfants de la périphérie. Il ne faut surtout pas que les gamins d'une même cité se retrouvent dans le même collège : c'est l'assurance d'importer les problèmes de la cité dans le collège. Au contraire, il faut les éclater entre plusieurs établissements : diviser pour mieux régner : un grand classique qui fonctionne toujours. En utilisant intelligemment les lignes de bus existantes ou en réactivant ponctuellement le transport scolaire si il le faut, on peut y arriver. Et il n'y aura plus aucune raison de contourner la carte scolaire...

mardi 19 décembre 2006

Hortograf

Un article du Monde (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-847248@51-834864,0.html) relate le retour de la dictée dans l'Enseignement Supérieur. Et malheureusement il s'agit d'une bonne initiative car c'est bien nécessaire ! Certaines copies que je corrige au niveau Master (Bac+4 ou +5) sont d'un niveau orthographique assez catastrophiques. Surtout si on pense que ce sont de futurs profs potentiels (prépa CAPES et prépa Agreg). Un niveau de langue correct et une maitrise des règles de base sont nécessaires pour bien se faire comprendre et pour faciliter le travail du lecteur y compris en sciences et notamment en Biologie, la plus littéraire des disciplines scientifiques. Les concepts à manier sont suffisamment délicats pour ne pas qu'il y ait d'ambiguités et de difficultés supplémentaires liés à la maitrise de la langue et de la grammaire.
On récolte donc les fruits de la scandaleuse baisse du nombre d'heures de français au collège-lycée, de l'enseignement en "séquence" où les règles de grammaire et d'orthographe sont apprises "à l'occasion de la lecture d'un texte". Il ne faut pas bien sur revenir totalement aux méthodes du début du XXème mais un juste milieu est possible.

vendredi 17 novembre 2006

Temps de travail des enseignants

Il semble que c'est Ségolène Royal qui est candidate du PS aux élections de 2007. Elle a crée récemment une polémique sur le temps de travail des enseignants du second degré. Voici mon avis sur la question.
Ces enseignants forment deux groupes : il y a ceux qui ont le CAPES et ceux qui ont l'Agrégation (qui est plus difficile que le premier). Les premiers doivent faire 18 heures/semaine de cours en face des élèves, les seconds seulement 15 heures. Il est clair que, dans un cas comme dans l'autre, les enseignants travaillent bien plus que ces heures-là, notamment pour corriger les copies, préparer ou réactualiser les cours...etc...Néanmoins cette différence 15 heures-18 heures n'a pas de sens (d'autant plus que les Agrégés sont mieux payés que les CAPESiens, ce qui est normal vu la difficulté plus grande du concours qu'ils ont réussi). Pourquoi priverait-on les élèves de 3 heures/semaine des cours faits par des profs "d'élite" ? Si il faut des différenciations d'horaires entre profs il ne faut pas qu'elles soient fondées sur le concours passé mais sur d'autres paramètres :
1) la différence collège-lycée. Globalement, la charge de travail pour un prof au lycée est plus grande que pour un prof de collège. Les copies sont plus longues, les connaissances d'un niveau plus élevé, ...etc...On pourrait attribuer 16 heures en lycée et 19 heures en collège. Les grands perdants seraient les Agrégés au collège mais théoriquement ils ont vocation à aller en lycée. Ce n'est pas toujours vrai au niveau des différents rectorats mais ça devrait le devenir.
2) l'ancienneté dans la classe. Il est clair qu'un prof débutant dans une classe (par exemple la première fois qu'il va avoir une terminale) va devoir créer in extenso un nouveau cours. On pourrait lui offrir 2 heures/semaine pour le faire (avec un max de 4 heures offerts parceque sinon les profs débutants ne feraient plus rien !!).
3) l'âge du prof. Dans la mesure où, inéluctablement, on sera obligé de travailler après 60 ans, on peut imaginer une diminution progressive de l'activité devant les élèves (-3 heures/semaine pour chaque année au-delà de 60 ans) et une augmentation progressive (+1 heure/semaine pour chaque année au-delà de 60 ans) pour faire une sorte de tutorat auprès des jeunes profs, pour les conseiller et les former.

mercredi 15 novembre 2006

Université, grandes écoles et classes Prépa

Article du Monde sur les réformes proposées sur l'articulation entre les Universités, les classes Prépas et les grandes écoles (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-834658@51-834864,0.html).
Pour être passé par une classe Prépa, une grande école puis maintenant enseignant à l'Université, je connais bien le problème.
Les classes Prépas sélectionnent les meilleurs étudiants et la dépense par élève y est la plus forte (selon le bon vieux principe : on ne prête qu'aux riches). Les autres meilleurs sont sélectionnés dans des filières courtes mais efficaces (IUT...). Le reste se retrouve à l'Université avec une dépense qui leur est consacrée très faible alors que ce sont eux qui ont le plus de besoins (de remise à niveau notamment parceque le Bac est trop facile; d'orientation parceque c'est une voie par défaut et bien souvent les étudiants n'ont pas de projet professionnel). Il s'ensuit une ghettoisation éducative avec des élites formés dans le même moule et le reste de la population qui rame. Le taux d'échec au DEUG est très important : finalement, on fait une sélection "avec retard" et pendant ce temps, les étudiants perdent un ou deux ans et l'Etat des finances précieuses.
Pour sortir de ce système inefficace, il faut à mon avis:
1) Mieux coordonner la sortie du lycée et l'entrée dans le supérieur avec de véritables conseillers d'orientation qui ne connaitraient pas seulement la psychologie (les fameux CO-Psy) mais aussi le monde des entreprises. Pourquoi ne pas prendre des seniors qui ont travaillé dans le privé et qui ont du mal à retrouver du boulot ?
2) Rendre le bac plus difficile avec pas seulement des exercices-types et des sujets de cours mais aussi des sujets de réflexion où l'élève prendrait des initiatives, devrait formuler des hypothèses et proposer des expériences pour les tester. Les recommandations de clémence seraient supprimées. Et pour aller dans une fac en Biologie ou Médecine par exemple il faudrait avoir eu au moins 13 à l'épreuve de Bio (ou à l'épreuve de Français pour aller en fac de lettres...etc...)
3) Faire une sélection pour les filières les plus bouchées en matière de débouchés (Psy, Sport...)
4) Supprimer les classes Prépas. Les moyens alloués seraient redistribués à l'Université (les profs de Prépa deviendraient des PRAG (Préparateur Agrégé)). Des enseignements en petits groupes pour les étudiants en difficulté seraient mis en place (l'inverse de la situation actuelle où ce sont les meilleurs qui ont droit aux petits soins tandis que les largués s'entassent dans les amphis).
5) Intégrer les Grandes Ecoles dans les Universités où elles s'occuperaient des meilleurs étudiants issus des deux ou des trois premières années et leur donneraient des enseignements complémentaires.