Le jeu vidéo "Spore", attendu depuis des années et dont j'avais déja parlé ici , est sorti. Je l'ai acheté et joué jusqu'à la phase "civilisation" (en gros les 3/4 du jeu). J'en suis très content mais pas pour les raisons que j'attendais. En fait, l'aspect "évolution" du jeu est assez limité et les changements réalisés sur les créatures au fur et à mesure que l'on accumule des points ADN sont quelquefois purement esthétiques et n'ont quelquefois pas d'incidences majeures (l'auteur du jeu serait-il acquis à la théorie neutraliste de l'évolution ???). Néanmoins, quelques aspects peuvent être importants par exemple le développement du vol qui, pour ma petite créature herbivore, a permis d'accéder aux fruits perchés sur les arbres et non plus seulement les fruits dans les buissons ou les fruits tombés. Néanmoins, la réalisme du jeu retombe quand, pour gagner des points ADN, ma créature doit affronter d'autres créatures et les tuer. J'ai essayé de manger mes victimes mais ma créature herbivore a vomi (les développeurs ont pensé à tout...). On peut aussi gagner des points ADN en impressionnant d'autres espèces par diverses aptitudes (charme, danse...). Et c'est là où le jeu excelle, c'est qu'il est vraiment drôle. L'animation des créatures est très réussie, avec pleins de mimiques comiques. Ca ne se prend pas du tout au sérieux et on passe un bon moment. Par contre, une fois l'effet de surprise passé je ne suis pas sur que ce jeu marche sur le long terme. J'ai déja joué au bas mot une dizaine de fois à "Civilization IV" ou à "SimCity III" ou à "Railroad Tycoon II" sans me lasser, mais je ne pense pas que ce sera le cas pour ce jeu. Spore patit d'un défaut qui a tendance à se généraliser dans les jeux de stratégie trop grand public : l'absence de profondeur et de complexité qui limite l'intérêt sur le long terme.
J'ai mis en ligne une vidéo de ma créature, Sabraptor plaensis sur ce lien que j'ai dessiné comme un Insecte avec des mains préhensiles et des avant-bras munies de pointes défensives en forme de sabre (défense mécanique) et de glandes projetant du venin (défense chimique).
En lien également, un article d'Agoravox sur le jeu.
jeudi 11 septembre 2008
samedi 6 septembre 2008
De l'obésité chez les copépodes


Les copépodes sont des Crustacés (et vraiment des Crustacés - voir plus bas le post sur la classification des espèces revue chez le Figaro) qui sont essentiels dans les chaines alimentaires marines. De la taille de l'ordre du millimètre, ils appartiennent au zooplancton. Certaines espèces ont souvent des grandes expansions qui leur permettent de "nager" bien que leurs mouvements horizontaux soient largement déterminés par les courants. Par contre, leurs mouvements verticaux sont actifs : ils remontent à la surface le soir et se nourrissent du phytoplancton (le plancton dont la source d'énergie est la lumière) qui se masse juste la surface de l'eau le soir et profite des derniers rayons de soleil pour faire marcher leur photosynthèse. Ils redescendent plus profondément le jour ce qui leur permet à la fois de suivre le phytoplancton qui s'éloigne de la surface (trop de lumière) et d'échapper aux prédateurs (petits poissons...) qui les repéreraient trop facilement à la lumière. En hiver, les copépodes du genre Calanus descendent à de grandes profondeurs (entre 800 et 1500 m) pour entrer en diapause (une sorte d'hibernation). Le contrôle de la profondeur des copépodes ne se fait pas que par la nage mais aussi par la quantité de lipides dans le corps. En effet, les lipides sont moins denses que l'eau et donc plus il y a de lipides, moins il y a de densité, plus il y a de flottaison.
Or des chercheurs norvégiens ont découvert que les Calanus qui avaient trop mangé ont trop de goutellettes lipidiques et ne peuvent plus contrôler correctement leur profondeur. Ils ne peuvent plus redescendre à des profondeurs importantes et sont mangés par les prédateurs (qui au passage profitent des lipides en excès). C'est donc sans doute l'explication derrière le fait que certains Calanus entrent en diapause AVANT la fin de la période où la nourriture est abondante. La sélection naturelle dans ce cas a tendance à éliminer les Calanus trop gourmands qui se goinfrent jusqu'au bout et deviennent obèses et se font manger faute de descendre à des niveaux en sécurité.
samedi 30 août 2008
Do the locomotion
Un article de Nature cette semaine sur l'avenir (écologique) des trains avec une série d'innovations qui laissent néanmoins un peu sur notre faim. Première innovation : le train propulsé par un moteur à hydrogène testé par des japonais et bientot des danois. Ca ne produit certes que de l'eau au final mais ça ne fait que repousser le problème, il faut produire et compresser de l'hydrogène, ce qui nécessite de l'électricité et l'hydrogène est produit à partir du méthane donc pas une ressource renouvelable...Plus étonnant est le projet des anglais de revenir aux locomotives à vapeur. Plus question d'utiliser du charbon mais du diesel et du gasoil pour chauffer l'eau et créer la vapeur. Les systèmes pour bruler diesel ou gasoil sont suffisamment efficaces pour assurer un rejet quasi-nul de gaz toxiques et polluants style NOx et composés soufrés. Par le bilan carbone (rejets de CO2) est plus défavorable que pour une locomotive diesel classique qui, elle, produit plus des autres polluants (NOx etc...). Donc c'est un peu le choix entre la peste et le choléra...Autre innovation : il faut de l'énergie pour alimenter en électricité les gares (lumière, panneaux d'affichage...etc...). D'où l'idée des japonais d'utiliser le voyageur lui-même. Le sol légèrement mou de la gare cachent des éléments piézoélectriques qui transforment le petit enfoncement sous chaque pas des voyageurs en électricité. De plus, on peut faire passer les voyageurs dans des tourniquets (comme dans le métro parisien) pour valider leur billet. Tout cela permet de produire une partie de l'électricité dont la gare a besoin (on ne précise pas quelle fraction dans l'article). Enfin, on termine par le Maglev ou Transrapid où train magnétique dont j'ai déja parlé ici. C'est à mon avis le moyen le plus intelligent de faire baisser le relargage de CO2 en substituant à l'avion (et à la route) un mode de transport super-rapide (400 voire 500 km/h) de centre-ville à centre-ville, ce qui va avoir pour effet de tuer toute l'aviation court et moyen courrier si le réseau est à l'échelle européenne par exemple. La dépense électrique pour aller aussi vite n'est pas si énorme que ça car le train est en lévitation donc pas de frottement rail-roue (restent les frottements de l'air sauf à être dans un tube sous vide). En attendant que cela se concrétise peut-être un jour...(les allemands viennent de renoncer à un projet de liaison transrapid par contre les chinois vont prolonger la voie existante reliant Shangai à son aéroport à une autre ville distante de 150km) une vidéo à bord du seul transrapid en exploitation à l'heure actuelle en Chine. Ca décoiffe !
lundi 18 août 2008
Les moustiques prennent le métro

Une jolie histoire évolutive parue dans la presse scientifique il y a quelques années (Byrne et al. Heredity 82, 7 (1999)) mais que je n'ai découvert que maintenant grâce à un article du Libé de ce matin. Il s'agit d'une histoire de moustique à Londres. Certains moustiques de l'espèce Culex pipiens se sont faits piégés dans les souterrains du métro de Londres lors de sa construction et ces populations ont évolué pour donner une sous-espèce particulière appellée molestus. Ces populations ont des caractéristiques différentes (et héritables) par rapport à leurs cousins restés à l'air libre. Par exemple, ils s'attaquent en priorité aux Mammifères et non aux Oiseaux, ce qui semble logique vu que le métro londonien grouille de Mammifères (!) et que les Oiseaux y sont plus rares...Et cette caractéristique persiste si on les confronte en labo à des oiseaux. Autres modifications, les populations souterraines n'ont pas de diapause hivernale (sorte d'hibernation) contrairement aux populations aériennes qui ont une telle diapause. Evidemment, la température souterraine est plus constante et relativement chaude. Plus besoin d'hibernation ! De plus, les variations de la durée du jour qui sont des élements déclencheurs de la diapause n'ont pas cours évidemment dans le métro. Autre caractéristique constatée par les chercheurs : les sous-populations du métro sont beaucoup plus fractionnées que les populations aériennes qui sont génétiquement plus homogènes. Cela vient du fait que les échanges génétiques entre les différents moustiques d'une ligne à l'autre voire d'une station à l'autre sont plus difficiles qu'à l'air libre. On pourrait bientot savoir quelle ligne de métro et quelles stations on a fréquenté en fonction du pedigree du moustique qui nous a piqué !!
mercredi 6 août 2008
De bons Allen
Je viens de voir coup sur coup deux des plus récents films de Woody Allen "Match Point" et "Scoop" et ce sont des réussites. Allen a réussi à sortir de sa série de films (excellents par ailleurs) sur un intellectuel-juif-newyorkais-névrosé pour nous offrir des intrigues brillantes, très finement scénarisées avec un art consommé du suspens. Les deux films ont en commun de se passer à Londres (aussi somptueusement filmé que l'était Manhattan à une autre époque) et d'avoir dans un des rôles principaux Scarlett Johannson qui joue beaucoup mieux que son look de bimbo blonde laisse penser. "Match Point" est sans aucun doute le plus dramatique, le plus sombre et le plus réussi des deux. Le film commence doucement mais les trente dernières minutes sont absolument "breathtaking" comme disent les ricains. C'est une réflexion sur ce que veut dire la chance, illustrée dès l'ouverture du film par une balle de tennis qui ricoche sur le haut du filet et qui peut tomber d'un coté comme de l'autre au bout de sa chute. Le dénouement du film dépend de l'issue de cette situation sauf que ce ne sera ni un filet de tennis, ni une balle (de tennis) qui seront en jeu. "Scoop" est plus léger, ne serait-ce que parceque malgré tout Allen ne peut s'empêcher d'apparaitre dans le film et de distribuer ses légendaires réflexions philosophiques. Mais le propos général est loin d'être comique et est une réflexion sur la vérité, les apparences et les preuves.
Pour finir, une petite sélection de dialogues extraits de ces deux films (tout droit sorti du site imdb.com) :
Match Point:
Nola Rice: He saw me across the room and he honed in on me like a guided missile.
Christopher "Chris" Wilton: Sophocles said, "To never have been born may be the greatest chance of all."
Christopher "Chris" Wilton: It would be fitting if I were apprehended... and punished. At least there would be some small sign of justice - some small measure of hope for the possibility of meaning.
Christopher "Chris" Wilton: The man who said "I'd rather be lucky than good" saw deeply into life. People are afraid to face how great a part of life is dependent on luck. It's scary to think so much is out of one's control. There are moments in a match when the ball hits the top of the net, and for a split second, it can either go forward or fall back. With a little luck, it goes forward, and you win. Or maybe it doesn't, and you lose.
Scoop:
Sid Waterman: Well did you accomplish anything besides a possible pregnancy?
Sid Waterman: I was born into the Hebrew persuasion, but when I got older I converted to narcissism
Sondra Pransky: How can we meet him?
Sid Waterman: You know, I don't know... They have a class system. He's an aristocrat and, you know, we're... we're commoners. In fact according to his system, we're... I think we're probably classified as scum.
Sid Waterman: I was in the lounge, I heard you drowning, I finished my tea and scones and came immediately!
Sid Waterman: You know not everything in the world is sinister... just practically everything.
Sid Waterman: This guy must be some lover if you're ready to drop the whole investigation! I must find out what breakfast cereal he eats...
Pour finir, une petite sélection de dialogues extraits de ces deux films (tout droit sorti du site imdb.com) :
Match Point:
Nola Rice: He saw me across the room and he honed in on me like a guided missile.
Christopher "Chris" Wilton: Sophocles said, "To never have been born may be the greatest chance of all."
Christopher "Chris" Wilton: It would be fitting if I were apprehended... and punished. At least there would be some small sign of justice - some small measure of hope for the possibility of meaning.
Christopher "Chris" Wilton: The man who said "I'd rather be lucky than good" saw deeply into life. People are afraid to face how great a part of life is dependent on luck. It's scary to think so much is out of one's control. There are moments in a match when the ball hits the top of the net, and for a split second, it can either go forward or fall back. With a little luck, it goes forward, and you win. Or maybe it doesn't, and you lose.
Scoop:
Sid Waterman: Well did you accomplish anything besides a possible pregnancy?
Sid Waterman: I was born into the Hebrew persuasion, but when I got older I converted to narcissism
Sondra Pransky: How can we meet him?
Sid Waterman: You know, I don't know... They have a class system. He's an aristocrat and, you know, we're... we're commoners. In fact according to his system, we're... I think we're probably classified as scum.
Sid Waterman: I was in the lounge, I heard you drowning, I finished my tea and scones and came immediately!
Sid Waterman: You know not everything in the world is sinister... just practically everything.
Sid Waterman: This guy must be some lover if you're ready to drop the whole investigation! I must find out what breakfast cereal he eats...
samedi 26 juillet 2008
Le Figaro refait la classification des espèces
J'avais déja dénoncé ici les articles du "Monde" qui sont quelquefois bourrés d'erreurs zoologiques. Il semble que le "Figaro" va bientôt faire partie du palmarès, grâce à cet article sur la mort pour l'instant mystérieuse des huitres sur les cotes européennes (8 milliards de mort ! on cultive donc plus d'huitres en Europe qu'il n'y a d'êtres humains sur Terre...). L'auteur au détour d'une phrase traite les huitres de Crustacés, sans doute à cause de la coquille calcaire. Mais évidemment l'huitre est un Mollusque et la coquille calcaire est une jolie convergence évolutive avec la carapace calcifiée des Crustacés. C'est quand même de la zoologie élémentaire et un collégien devrait savoir cela. Sauf qu'en général il ne le sait pas car désormais dans les programmes jamais on ne passe en revue les différentes espèces les plus courantes et jamais on ne les classe systématiquement dans les différents groupes d'animaux. Bilan, la population générale est complètement ignare des bases de la classification des espèces. Est-ce grave ? Oui, la culture générale de tout citoyen doit comporter une vision claire des bases du monde vivant et tout particulièrement de ce qu'il mange sinon on peut lui faire avaler n'importe quoi...
jeudi 17 juillet 2008
Le secret de l'horloge des serpents

Le nombre de vertèbres est l'une des caractéristiques très précisément controlée au cours du développement embryonnaire pour chaque espèce (de Vertébré bien sur). Les champions en la matière sont les serpents qui peuvent avoir des centaines de vertèbres (jusqu'à 500 pour les plus longs). Et il fallait bien sur trouver une explication concrète moléculaire et cellulaire...Elle vient d'être apporté dans un article de Nature d'aujourd'hui (Gomez et al.). On sait depuis longtemps que les vertèbres sont issues de structures répétées le long de l'axe avant-arrière de l'embryon qu'on appelle les somites. Or ces somites sont issus d'un tissu non divisé, le mésoderme pré-somitique qui se débite épisodiquement en rondelle de saucisson, les somites justement. Ce mésoderme pré-somitique crée une nouvelle rondelle de somite de manière très précise, par exemple toutes les 90 minutes chez l'embryon de poulet jusqu'à donner le nombre total de somite caractéristique d'une espèce qui correspond (en gros) au nombre de vertèbres. Le contrôle temporel de ce phénomène a été expliqué par une horloge moléculaire, c'est-à-dire des gènes qui s'expriment puis s'éteignent de manière régulière (selon un mécanisme trop compliqué à expliquer ici mais parfaitement connu). A chaque vague d'expression correspond la formation d'un somite. Chez les serpents, l'horloge tourne beaucoup plus vite que chez les autres vertébrés, c'est-à-dire que la succession allumage/extinction de gènes va jusqu'à 4 fois plus vite, ce qui aboutit à débiter plus de rondelles de saucisson (somites) par unité de temps. Au final, beaucoup plus de somites et donc de vertèbres. En compensation, histoire que les somites ne soient pas trop petits, le nombre de divisions cellulaires dans le mésoderme pré-somitique est aussi plus élevé, ce qui compense partiellement les effets de l'emballement de l'horloge. Maintenant, comme d'habitude on ne fait que repousser le problème : quels gènes font accélérer l'horloge ??
jeudi 10 juillet 2008
And the winner is...
Je suis en train de redécouvrir "Questions pour un champion" à l'occasion de l'achat d'un jeu vidéo qui permet de participer virtuellement à l'émission comme candidat face à des joueurs pilotés par l'intelligence artificielle ou d'autres joueurs réels.
Je me souviens que je regardais ce jeu régulièrement au début des années 90, quelquefois avec ma grand-mère tchèque qui ne comprenait pas un mot aux questions mais qui suivait quand même passionément ce jeu (ah, ce beau Julien Lepers !). Le jeu vidéo reconstitue tous les "Lepersismes" ou "Lepersinades" avec envolée des fameuses fiches jaunes quand il y a une belle victoire, phrasé scandé dès qu'il dit le titre du jeu...etc...mais ça tombe un peu à plat car on sent que le pauvre Julien a enregistré ces séquences tout seul dans le studio et pas au cours d'un "vrai" jeu.
Je me débrouille plutot bien, en fait je n'ai perdu qu'une fois (en une dizaine de jeu) et en plus sur une question de biologie : dans le face-à-face on en était à égalité 11/11 et j'ai pas su trouver tout de suite "la mangrove", ce que mon adversaire (virtuel) a découvert quand je lui ai passé la main. Heureusement que je dis à mes étudiants de ne pas oublier la mangrove quand il s'agit de parler de la faune et de la flore du littoral...
Voir aussi une petite séquence amusante tirée du jeu réel.
Je me souviens que je regardais ce jeu régulièrement au début des années 90, quelquefois avec ma grand-mère tchèque qui ne comprenait pas un mot aux questions mais qui suivait quand même passionément ce jeu (ah, ce beau Julien Lepers !). Le jeu vidéo reconstitue tous les "Lepersismes" ou "Lepersinades" avec envolée des fameuses fiches jaunes quand il y a une belle victoire, phrasé scandé dès qu'il dit le titre du jeu...etc...mais ça tombe un peu à plat car on sent que le pauvre Julien a enregistré ces séquences tout seul dans le studio et pas au cours d'un "vrai" jeu.
Je me débrouille plutot bien, en fait je n'ai perdu qu'une fois (en une dizaine de jeu) et en plus sur une question de biologie : dans le face-à-face on en était à égalité 11/11 et j'ai pas su trouver tout de suite "la mangrove", ce que mon adversaire (virtuel) a découvert quand je lui ai passé la main. Heureusement que je dis à mes étudiants de ne pas oublier la mangrove quand il s'agit de parler de la faune et de la flore du littoral...
Voir aussi une petite séquence amusante tirée du jeu réel.
lundi 16 juin 2008
De l'usage de stupéfiants et autres substances hallucinogènes chez les concepteurs des sujets de philo au bac
C'est peu dire que l'un des sujets de philo de la série littéraire au bac m'a laissé complètement stupéfait : "La connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?". Quel est l'intérêt de poser une question dont la réponse est tellement évidente ? Et dans le contexte où on démantèle le département des sciences du vivant du CNRS, c'est une véritable provocation !!
Je sais certes, qu'il faut remettre en question tous les sujets sans tabous, mais là je crois qu'objectivement il n'y a qu'une seule réponse possible à cette question. Ou alors cela veut dire que Pasteur et Darwin, parmi les esprits les plus brillants qui ont eu la grâce de fouler cette planète, ont fait une oeuvre complètement inutile voire inexistante (car impossible si je reprends l'antithèse de la question posée). Je pense en fait qu'il s'agit d'un sujet très mal posé. La question aurait du être "Une connaissance du vivant en dehors de la science est-elle possible ?", ce qui est plus ouvert et infiniment plus intéressant. Par exemple, l'agriculteur du néolithique, les jardiniers, le chasseur-cueilleur paléolithique ont une connaissance du vivant mais est-elle scientifique ? Ca c'est intéressant.
Mais avec le sujet tel qu'il a été réellement posé, je voudrais me transformer en petite souris et lire quelques copies de bacheliers derrière l'épaule des correcteurs. Le sujet a été posé aux séries littéraires donc il faut malheureusement s'attendre à une avalanche d'erreurs factuelles sur la biologie. J'attends aussi de pied ferme un corrigé de ce sujet hallucinant, ça devrait être un des textes de haute voltige de br...ette intellectuelle et complètement stérile (donc).
Je sais certes, qu'il faut remettre en question tous les sujets sans tabous, mais là je crois qu'objectivement il n'y a qu'une seule réponse possible à cette question. Ou alors cela veut dire que Pasteur et Darwin, parmi les esprits les plus brillants qui ont eu la grâce de fouler cette planète, ont fait une oeuvre complètement inutile voire inexistante (car impossible si je reprends l'antithèse de la question posée). Je pense en fait qu'il s'agit d'un sujet très mal posé. La question aurait du être "Une connaissance du vivant en dehors de la science est-elle possible ?", ce qui est plus ouvert et infiniment plus intéressant. Par exemple, l'agriculteur du néolithique, les jardiniers, le chasseur-cueilleur paléolithique ont une connaissance du vivant mais est-elle scientifique ? Ca c'est intéressant.
Mais avec le sujet tel qu'il a été réellement posé, je voudrais me transformer en petite souris et lire quelques copies de bacheliers derrière l'épaule des correcteurs. Le sujet a été posé aux séries littéraires donc il faut malheureusement s'attendre à une avalanche d'erreurs factuelles sur la biologie. J'attends aussi de pied ferme un corrigé de ce sujet hallucinant, ça devrait être un des textes de haute voltige de br...ette intellectuelle et complètement stérile (donc).
samedi 7 juin 2008
Whatever may have happened
Il y a de nombreux évènements culturels pourtant heureux qui auraient pu arriver, et qui ont même été à deux doigts d'arriver mais qui ont échoué à la dernière minute. Concernant Michael Jackson, il y en a des dizaines comme par exemple le duo prévu de Jackson et Prince sur la chanson "Bad". La chanson avait d'ailleurs été écrite spécialement pour cela, ce qui explique d'ailleurs sa structure bizarre et notamment le couplet "de trop" qu'il y a entre le premier et le deuxième refrain ("Your talk is cheap....etc..."). Ce couplet était prévu pour Prince. Michael l'a gardé dans la version finale où il chante tout seul mais ça déséquilibre la chanson.
Autre exemple, lors de la promotion de l'album "Invincible" en 2001-2002 il était prévu de sortir en vidéoclip "Unbreakable" et "Whatever happens". Tout est tombé à l'eau à cause de la maison de disque Sony qui a arrêté la promotion pour faire pression sur Michael pour qu'il revende la part qu'il détient dans les droits des chansons des Beatles (une histoire longue et complexe...). Donc, pas de clip, pas de choréographie (ni même sur scène car pas de tournée), pour "Whatever happens" qui est un véritable petit bijou musical. Donc je me propose de réparer cela en imaginant une choréographie possible présentée sur ce lien. Il a fallu fondre le style de Jackson dans un style hispano-arabisant plus coulant, même si le caractère changeant de la chanson permet de retrouver de temps à autre du pur style Jackson.
Et en guise de récréation, une choré 100% Jackson garantie sans additif ni conservateur sur "Jam", l'un des funk les plus durs du répertoire sur ce lien.
Profitez en. Je ne sais pas si dans 5-10 ans je serai encore capable de faire ces trucs.
Autre exemple, lors de la promotion de l'album "Invincible" en 2001-2002 il était prévu de sortir en vidéoclip "Unbreakable" et "Whatever happens". Tout est tombé à l'eau à cause de la maison de disque Sony qui a arrêté la promotion pour faire pression sur Michael pour qu'il revende la part qu'il détient dans les droits des chansons des Beatles (une histoire longue et complexe...). Donc, pas de clip, pas de choréographie (ni même sur scène car pas de tournée), pour "Whatever happens" qui est un véritable petit bijou musical. Donc je me propose de réparer cela en imaginant une choréographie possible présentée sur ce lien. Il a fallu fondre le style de Jackson dans un style hispano-arabisant plus coulant, même si le caractère changeant de la chanson permet de retrouver de temps à autre du pur style Jackson.
Et en guise de récréation, une choré 100% Jackson garantie sans additif ni conservateur sur "Jam", l'un des funk les plus durs du répertoire sur ce lien.
Profitez en. Je ne sais pas si dans 5-10 ans je serai encore capable de faire ces trucs.
samedi 31 mai 2008
Indiana Jones et le royaume des crânes d'oeufs

En trentenaire régressif et nostalgique des années 80, je me devais de voir le dernier Indiana Jones. Le premier, L'arche perdue, était brillant malgré une fin un peu ratée (déja...on va y revenir...); le second, le temple maudit, était un peu dans la surenchère mais ça passait; le troisième, la dernière croisade, était génial et je ne m'étais plus autant amusé au ciné jusqu'à Pirates des caraïbes ou American Beauty (dans un autre genre...). Le quatrième suit un peu la trajectoire d'une cascade (sans mauvais esprit sur une des parties de l'intrigue). Le début est génial, brillant et inventif. Ensuite, on a l'impression que les scénaristes ont rempli point par point le cahier des charges d'un Indiana Jones : il faut :
* des temples qui s'effondrent
* des autochtones primitifs très...primitifs
* la course-poursuite de 20 minutes avec rebondissements multiples
* la scène "alibi" à l'université pour nous rappeler que Jones est un prof
* des bébêtes repoussantes (alors les serpents c'est fait, les rats c'est fait, les cafards c'est fait; ah oui ! bien sur les scorpions et les fourmis mangeuses d'homme !)
* le running gag avec le chapeau d'Indiana
* la carte mystérieuse avec plein de dessins qu'on comprend rien dessus
* la relation chaotique père-fils
* caser quelque part le "gag" de la fille qui donne un coup de pied dans les c....es d'un héros
* des tombes avec des cadavres à des états de décomposition divers
A la fin du film, on est en bas de la cascade. C'est assez mauvais et totalement prévisible : Non Steven, pas le vaisseau spatial, non, pas le vaiss...eh si ! c'est un vaisseau spatial ! Ne pensez pas que je suis vicieux et que je vous dévoile la fin, de toute manière on le voit arriver à des kilomètres en jaune fluorescent et clignotant. En fait, ce film c'est la version agitée de "téléphone rentrer maison" de ET. Et il y a une morale à tout ça : la connaissance c'est mieux que l'or. Et l'un des personnages nous le dit au cas où on n'aurait pas compris...
Malgré tout, on passe quand même un bon moment et puis il y a Cate Blanchett. Ah ! Cate...
vendredi 30 mai 2008
De Materpiscis et des articles foireux du "Monde"
Dans le dernier Nature du 29 mai, on annonce la découverte d'un des plus ancien embryons fossiles connu qui appartient à une nouvelle espèce du genre bien nommé (vous verrez pourquoi) Materpiscis, un poisson placoderme. Les placodermes sont des poissons gnathostomes (à machoire) exclusivement connus à l'état de fossile. Ils ont vécu il y a environ 400 millions d'années environ (du silurien au dévonien). Leur tête et leur thorax étaient recouvertes de plaques renforcées d'où leur nom. La surprise est venu du fait que l'embryon a été découvert dans le ventre de sa mère et reliée à elle par un cordon ombilical formé à partir du sac vitellin, une situation que l'on retrouve actuellement chez certains requins. Même certains Mammifères ont des placentas qui se forment de manière similaire. On a donc un exemple fossile de viviparité vraie c'est à dire une incubation d'un embryon dans les voies génitales femelles avec nutrition par la mère. C'est bien sur exceptionnel chez les poissons et c'est encore plus exceptionnel de l'avoir trouvé chez un fossile. La viviparité est clairement apparue des multiples fois de manière indépendante au cours de l'évolution : chez les insectes (si, si, chez la mouche tsé-tsé), chez les requins, chez les placodermes (donc), chez certains amphibiens (salamandre noire) et reptile et bien sur chez les mammifères marsupiaux et euthériens.
La fête est un peu gâchée par l'article que Le Monde a publié sur le sujet. L'auteur, Christiane Galus (qui n'en est d'ailleurs pas à ses premières bêtises : si mes souvenirs sont bons, il y a quelques années c'est elle qui avait traité les trilobites de poisson ce qui est une monstrueuse hérésie que même mes élèves les plus nuls ne feraient pas (et c'est pas peu dire...)) a accumulé les erreurs parlant d'un cas d'ovoviviparité (alors que les auteurs de l'article précisent bien justement que ce n'est pas de l'ovoviviparité (car ici l'embryon n'est pas juste "incubé" dans les voies génitales maternelles mais en plus il y est nourri par la mère). Donc elle ne sait pas lire correctement les articles. Ensuite, il y a cette phrase monstrueuse : "il y a 375 millions d'années, certains poissons osseux ont transformé leurs nageoires en membres pour se hisser sur la terre ferme". Totalement finaliste et complètement faux, puisque les nageoires (paires) se sont transformés en membre AVANT la sortie des eaux et le fameux "hissage" sur la terre ferme. Je crois qu'il y a un plan de licenciement au Monde. Je connais une très bonne candidate pour le départ...
La fête est un peu gâchée par l'article que Le Monde a publié sur le sujet. L'auteur, Christiane Galus (qui n'en est d'ailleurs pas à ses premières bêtises : si mes souvenirs sont bons, il y a quelques années c'est elle qui avait traité les trilobites de poisson ce qui est une monstrueuse hérésie que même mes élèves les plus nuls ne feraient pas (et c'est pas peu dire...)) a accumulé les erreurs parlant d'un cas d'ovoviviparité (alors que les auteurs de l'article précisent bien justement que ce n'est pas de l'ovoviviparité (car ici l'embryon n'est pas juste "incubé" dans les voies génitales maternelles mais en plus il y est nourri par la mère). Donc elle ne sait pas lire correctement les articles. Ensuite, il y a cette phrase monstrueuse : "il y a 375 millions d'années, certains poissons osseux ont transformé leurs nageoires en membres pour se hisser sur la terre ferme". Totalement finaliste et complètement faux, puisque les nageoires (paires) se sont transformés en membre AVANT la sortie des eaux et le fameux "hissage" sur la terre ferme. Je crois qu'il y a un plan de licenciement au Monde. Je connais une très bonne candidate pour le départ...
samedi 17 mai 2008
Adoptez un Massospondylus

Cherchez l'erreur sur cette image !
Oui, je crois que ça crève les yeux que ce brave Massospondylus exposé ainsi au British Museum n'est pas un quadrupède mais un bipède. Or il a fallu attendre 2007 pour rectifier sa position à la suite d'un article dans une revue de paléontologie. Nos amis les Massospondylus sont des dinosaures du Jurassique de 4 mètres de long pour 135 kg en moyenne (très svelte finalement). Le premier fossile a été découvert par le britannique Richard Owen en 1854. A la fin des années 1970s, on a retrouvé des embryons de ces dinosaures (la première découverte de ce genre).
Ces embryons étaient assez âgés, quasiment près à éclore et sans dents, ce qui fait penser qu'ils ne pouvaient pas se nourrir par eux-mêmes et donc dépendait de papa-maman dinosaure. Des soins parentaux de dinosaure, rien d'exceptionnel; rappelons que les oiseaux sont des dinosaures. Les jeunes dinosaures de cet espèce étaient clairement quadrupèdes, ce qui fait dire que la quadrupédie des sauropodes sont ils seraient les ancêtres est un exemple de pédomorphose (rétention des caractères juvéniles). Enfin les Massospondylus avaient des os avec des cavités formant des sacs aériens, là aussi un caractère que l'on retrouve chez les oiseaux et qui a apparemment existé chez les dinosaures totalement indépendamment de la baisse de densité nécessaire au vol.
mercredi 7 mai 2008
Questions pour un champion ?
J'ai participé tout à l'heure au chat sur lemonde.fr et telerama.fr avec le
Ministre de l'Education Nationale M. Xavier Darcos.
Deux de mes questions ont été retenues. Je vous les retranscrits en dessous.
Vous pouvez voir l'ensemble du compte-rendu du chat sur le site
http://www.telerama.fr/monde/retranscription-darcos,28676.php
Patrick PLA : Quel est l'avenir des concours de recrutement des enseignants,
comme l'Agrégation ou le CAPES ? Jusqu'où ira la baisse du nombre de postes à
ces concours ?
Xavier Darcos : Nous recruterons 18 000 fonctionnaires l'année prochaine.
C'est un chiffre important. Ni le CAPES ni l'Agrégation ne seront remis en
cause. Nous souhaitons simplement, dans le cadre des équivalences européennes,
que les candidats à nos concours soient au niveau master.
Patrick PLA : Quand est-ce qu'on en finira avec le système idiot qui veut
qu'on envoie les enseignants les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les
plus fragiles dans les zones d'éducation les plus difficiles ?
Xavier Darcos : Excellente question, sur laquelle nous nous sommes tous cassé
les dents. Je ferai des propositions en ce sens, mais je ne vois pas comment
imposer à un titulaire qui est en milieu de carrière de quitter un service qui
lui convient pour aller occuper un emploi plus difficile. Mais je le répète,
c'est une des sources de nos difficultés, notamment parce que nous avons
besoin, dans les zones sensibles, d'une stabilité des équipes pédagogiques.
Mon commentaire sur les réponses de Xavier Darcos :
Mauvaise foi absolue sur la première question : 18 000 est un chiffre important certes, c'est plus important que 17 999 effectivement... Le ministre se garde bien de nous dire le nombre d'Agrégés et de Capésiens les années précédentes. Il ne répond pas à la dernière partie de ma question sur la baisse. Pour l'équivalence Agrégation/Master il y a ambiguité : l'Agrégation est un concours et le Master un diplome. Darcos veut-il dire que tous ceux qui obtiendront l'Agrégation auront le Master ?
Deuxième question : eh bien si, Monsieur le Ministre, il faut imposer à un titulaire en milieu de carrière d'aller dans une zone difficile !! Car en échange en début de carrière il aura été en zone plus "facile" (même si ce genre de zone a tendance à se rétrécir...). Le temps passé dans des zones faciles ou difficiles restera le même à l'échelle d'une carrière mais réparti différemment dans le temps. Les enseignants en fin de carrière (plus de 50 ans) retourneraient dans les zones faciles et serviraient de tuteur pour leur collègue qui iront en zone difficile. Les enseignants sont, je pense, suffisamment matures et intelligents pour accepter ce "deal". Les syndicats peut être un peu moins....
Ministre de l'Education Nationale M. Xavier Darcos.
Deux de mes questions ont été retenues. Je vous les retranscrits en dessous.
Vous pouvez voir l'ensemble du compte-rendu du chat sur le site
http://www.telerama.fr/monde/retranscription-darcos,28676.php
Patrick PLA : Quel est l'avenir des concours de recrutement des enseignants,
comme l'Agrégation ou le CAPES ? Jusqu'où ira la baisse du nombre de postes à
ces concours ?
Xavier Darcos : Nous recruterons 18 000 fonctionnaires l'année prochaine.
C'est un chiffre important. Ni le CAPES ni l'Agrégation ne seront remis en
cause. Nous souhaitons simplement, dans le cadre des équivalences européennes,
que les candidats à nos concours soient au niveau master.
Patrick PLA : Quand est-ce qu'on en finira avec le système idiot qui veut
qu'on envoie les enseignants les plus jeunes, les plus inexpérimentés et les
plus fragiles dans les zones d'éducation les plus difficiles ?
Xavier Darcos : Excellente question, sur laquelle nous nous sommes tous cassé
les dents. Je ferai des propositions en ce sens, mais je ne vois pas comment
imposer à un titulaire qui est en milieu de carrière de quitter un service qui
lui convient pour aller occuper un emploi plus difficile. Mais je le répète,
c'est une des sources de nos difficultés, notamment parce que nous avons
besoin, dans les zones sensibles, d'une stabilité des équipes pédagogiques.
Mon commentaire sur les réponses de Xavier Darcos :
Mauvaise foi absolue sur la première question : 18 000 est un chiffre important certes, c'est plus important que 17 999 effectivement... Le ministre se garde bien de nous dire le nombre d'Agrégés et de Capésiens les années précédentes. Il ne répond pas à la dernière partie de ma question sur la baisse. Pour l'équivalence Agrégation/Master il y a ambiguité : l'Agrégation est un concours et le Master un diplome. Darcos veut-il dire que tous ceux qui obtiendront l'Agrégation auront le Master ?
Deuxième question : eh bien si, Monsieur le Ministre, il faut imposer à un titulaire en milieu de carrière d'aller dans une zone difficile !! Car en échange en début de carrière il aura été en zone plus "facile" (même si ce genre de zone a tendance à se rétrécir...). Le temps passé dans des zones faciles ou difficiles restera le même à l'échelle d'une carrière mais réparti différemment dans le temps. Les enseignants en fin de carrière (plus de 50 ans) retourneraient dans les zones faciles et serviraient de tuteur pour leur collègue qui iront en zone difficile. Les enseignants sont, je pense, suffisamment matures et intelligents pour accepter ce "deal". Les syndicats peut être un peu moins....
mardi 22 avril 2008
Les fourmis et les champignons

Encore une histoire de société animale mais cette fois-ci concernant les fourmis à travers un article paru dans PNAS (les compte-rendus de l'académie des sciences des USA) : Mueller et al., vol. 105, p. 5287. Elle concerne les fourmis qui cultivent des champignons pour se nourrir, un véritable équivalent d'élevage agricole dans le monde animal. Parmi ces fourmis, il y a les fourmis qui découpent les feuilles et font se développer sur ces feuilles des champignons dans des "niches" bien structurées de leur fourmilière souterraine gigantesque. Ces fourmilières peuvent survivre jusqu'à 20 ans (ce qui est une sorte de record) avec jusqu'à 10 millions d'ouvriers et le volume de champignon cultivés par fourmilière atteint le volume d'un bus. L'avantage de se nourrir de champignons est que le tissu mycélien est beaucoup plus dense et nutritif que le tissu végétal. La co-évolution fourmi-champignon et donc la révolution néolithique myrmécorienne a commencé il y a 50 millions d'années. Pendant 30 à 40 millions d'années, les fourmis prélevaient un morceau de champignon "sauvage" poussant dans la nature pour la fondation de chaque nouvelle fourmilière. Puis, il y a eu passage à un système plus fermé où les champignons se transmettent de fourmilière en fourmilière, la nouvelle reine emportant un morceau de champignon avec elle. Ce qui a changé la donne, car les populations de champignons cultivés n'échangent plus de gènes avec les populations "sauvages", ce qui a encore plus renforcé leur spécialisation et leur co-évolution avec les fourmis. La situation devient encore plus complexe lorsqu'on considère que les fourmis abritent sur leur cuticule une bactérie qui produit des molécules qui protègent les champignons contre un parasite du genre Escovopsis. Donc les fourmis fournissent à leurs champignons le gite, le couvert, la soupe et la pharmacie !
mercredi 9 avril 2008
La reine, l'ouvrière et l'ADN méthyltransférase

Quelques infos sur un article très intéressant paru dans un des derniers Science (Kucharski et al., Science, vol. 319, 1827-1830) qui apporte un début d'explication moléculaire à la différenciation des ouvrières et des reines au sein des sociétés d'abeille.
Petit rappel : Les abeilles mâles (les faux bourdons) sont issus de la parthénogénèse de la reine. Il s'agit du développement de l'ovule sans fécondation par un spermatozoïde et pour cause : la reine ferme le sphincter de sa spermathèque (l'organe qui stocke les spermatozoïdes obtenus lors des précédents accouplements) quand elle produit les mâles. Donc les mâles n'ont qu'un lot de chromosomes alors que normalement on en a deux (un lot de maman, un lot de papa).
Les abeilles femelles sont issus d'une reproduction sexuée avec fécondation (sphincter de la spermathèque royale ouvert). Les abeilles femelles deviennent ouvrières ou reine selon la nourriture reçue : toutes les larves sont nourries avec de la gelée royale pendant 3 jours (la gelée royale est une sécrétion des glandes hypopharyngiennes des ouvrières). Ensuite, seules les futures reines continuent à être nourries de gelée royale (et en grande quantité), les futures ouvrières sont nourries avec un mélange de pollen, de nectar ou de miel dilué. Seules les futures reines développent alors des organes sexuels matures. C'est un des cas les plus clairs de l'influence de l'environnement (ici la nutrition) sur la développement (ici en particulier la différenciation des organes sexuels et aussi sur la morphologie générale).
Comment ça marche au niveau moléculaire ? Les auteurs de l'article suggèrent que c'est une histoire de méthylation de l'ADN et donc de contrôle de l'expression des gènes. Un gène est plus ou moins exprimé selon l'état de l'ADN d'une région appellée promoteur. La méthylation, c'est-à-dire l'ajout d'une fonction chimique CH3 sur les protéines entourant l'ADN ou sur l'ADN lui-même modifie l'état de ce promoteur et donc l'expression du gène.
Les auteurs ont aboli artificiellement la fonction de Dnmt3, une ADN méthyltranférase, une enzyme qui accroche des CH3 sur l'ADN. Dans ce cas, la majorité des larves nourries selon la recette pour donner des ouvrières devient des reines avec des ovaires parfaitement matures ! Ils montrent en plus qu'effectivement la méthylation de certains fragments d'ADN est modifiée entre les futures reines, les futures ouvrières et les futures reines qui ont subi le siRNA et destinées initialement à donner des ouvrières.
Donc on a la démonstration d'une modification sur l'ADN (la méthylation) qui est déterminée par un facteur environnemental (la nourriture) (comment ? mystère pour l'instant...) et qui influence le développement des organes (notamment reproducteur) dans un contexte de société animale.
samedi 29 mars 2008
Des nouvelles de Sirius, Oscar, Julie et Rossy

Un site suisse permet de suivre la migration des oiseaux et tout particulièrement des milans royaux qui ont été bagués avec l'équivalent d'un GPS. Chacun des milans a un prénom.
Aux dernières nouvelles, Sirius a parcouru 220 km en 24h de son lieu d'hivernage dans les Pyrénées vers l'Aveyron où il est encore. Va-t'il rester quelques jours la-bas ou va-t'il repartir pour la Suisse ? Le suspense est insoutenable...Oscar de son coté est déja retourné en Suisse. Il y est d'ailleurs depuis le 18 Janvier 2008 ce qui est un record de précocité pour un retour d'hivernage (un peu perturbé par le climat l'ami Oscar ??). Il est actuellement prêt de son nid de l'année dernière. Nichera-t'il à nouveau dans le même nid ? Pendant ce temps, Julie reste pénard en Espagne, près de Burgos et Rossy est déja en Suisse depuis le 13 février et vu son age nichera pour la première fois cette année. Bientot dans vos kiosques un magazine people sur les milans royaux. Je suis sur que cela serait plus intéressant que les magazines peoples classiques...
mercredi 26 mars 2008
Six feet under toujours plus haut

Je viens de terminer de voir la 5ème et dernière saison de Six feet under, confirmant que c'est sans doute la meilleure série télévisée faite à ce jour. La qualité d'écriture, de jeu et de réalisation est digne des meilleurs films et tous les thèmes essentiels de la vie (et de la mort) sont abordés avec originalité, humour, beaucoup d'émotion sans perdre de réalisme. Cela peut paraitre paradoxal pour une série qui fait parler les morts, mais c'est justement le "tour de force" réussi des scénaristes. Les trois derniers épisodes sont des chef-d'oeuvres du genre et les dernières 10 minutes où on découvre le destin final de tous les personnages est complètement bouleversant.
La vidéo en lien au-dessus est la campagne promotionelle pour la 5ème saison. En fait, toute l'histoire de cette saison est très habilement et subtilement codée dans ce film mais on ne peut s'en rendre compte qu'après avoir vu la fin !
En bonus, quelques phrases de dialogue piochés dans différents épisodes et tirées de leur contexte mais qui résument bien l'esprit :
Maggie Sibley: I know that if you think life's a vending machine where you put in virtue and take out happiness that you're going to be disappointed.
Claire: If we live our lives the right way then everything we do can become a work of art.
Nate: Why do you treat me like shit all the time, Brenda?
Brenda: Because I've had a really fucked-up life and I need sarcasm to hide how ridiculously miserable I am!
Officer Keith Charles: [talking to his gay friend David about marriage] You're in my will, I'm in yours. We basically are married, even if the law refuses to recognize it. But then again, I refuse to recognize most of the Bush Administration. I guess it all evens out.
Marc's Boyfriend: [of a blaring car stereo] Hey, so, does bad music make people deaf or do deaf people just have really bad taste in music?
Marc Foster: Well, there is Beethoven...
Margaret: Ruth, it isn't the '50s anymore, no matter how you dress.
Claire: So how have you been with your art?
Russell Corwin: I've been good. Been really really good. My work has gone to some amazing places since I got hit by a car.
Edie: I really like your penis. To bad you're attached to it.
Claire Fisher: I wish I was gay.
David Fisher: Ohh, no.
Claire Fisher: Well, then I wouldn't have to deal with unfamiliar sex organs!
David Fisher: They're all unfamiliar unless they're yours.
David Fisher: I forgot to pray. Can you believe it? I totally forgot to pray.
Claire: That's OK. God saved you anyway, right?
Ruth Fisher: I want to know why your other wives left you!
George Sibley: Because they asked too many fucking questions!
Nate Fisher: None of this turned out the way I wanted it to. I wanted to love you. I did love you. And I just felt like we were beginning to... I know we were. I know it in my heart. I feel like I had this once-in-a-lifetime chance and I fucked it up.
Lisa Kimmel Fisher: Nate, I'm not a chance. I'm a person.
Nate Fisher: [witnessing his open-casket funeral] Damn it, David, I told you I wanted to be cremated.
Nate Fisher: Will you hurry up? I don't want to be late for my funeral.
Claire: Let's just sleep together!
Edie: Now?
Claire: In a second. I need to brush my teeth
dimanche 23 mars 2008
Les créationnistes contre-attaquent
Un article intéressant sur une tentative d'interprétation créationniste des
mitochondries passée dans une revue scientifique avec peer-review (revue par
les pairs) pourtant réputée "sérieuse", Proteomics.
http://www.rue89.com/2008/03/22/quand-un-puissant-createur-sinvite-dans-une-revue-scientifique
Il s'agit d'une interprétation complètement farfelue, créationniste, noyée au milieu de données scientifiques relativement juste, ce qui la rend d'autant plus dangereuse.
Ce qui est très fort, c'est que quand on va sur PubMed (une base de données scientifique) pour voir le résumé de l'article en question, l'article a été retiré, non pas sous prétexte que son
contenu est en partie farfelu mais à cause du fait qu'il contient des "copier-coller" d'autres articles publiés par ailleurs !
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18214846
Le plus grave est que cet article ait pu intialement être publié la revue par les pairs, c'est-à-dire une relecture par des scientifiques indépendants. Ils ont certainement manqué de vigilance ou sont des crypto-créationnistes eux-mêmes.
Signalons que l'article (celui de rue89.com et non pas l'article de Proteomics
incriminé (D... nous en garde) a été écrit par une des mes anciennes étudiantes (Fabienne Gallaire).
mitochondries passée dans une revue scientifique avec peer-review (revue par
les pairs) pourtant réputée "sérieuse", Proteomics.
http://www.rue89.com/2008/03/22/quand-un-puissant-createur-sinvite-dans-une-revue-scientifique
Il s'agit d'une interprétation complètement farfelue, créationniste, noyée au milieu de données scientifiques relativement juste, ce qui la rend d'autant plus dangereuse.
Ce qui est très fort, c'est que quand on va sur PubMed (une base de données scientifique) pour voir le résumé de l'article en question, l'article a été retiré, non pas sous prétexte que son
contenu est en partie farfelu mais à cause du fait qu'il contient des "copier-coller" d'autres articles publiés par ailleurs !
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18214846
Le plus grave est que cet article ait pu intialement être publié la revue par les pairs, c'est-à-dire une relecture par des scientifiques indépendants. Ils ont certainement manqué de vigilance ou sont des crypto-créationnistes eux-mêmes.
Signalons que l'article (celui de rue89.com et non pas l'article de Proteomics
incriminé (D... nous en garde) a été écrit par une des mes anciennes étudiantes (Fabienne Gallaire).
mercredi 19 mars 2008
Les fantômes du métro de Paris
On trouve des articles très intéressants dans Wikipédia (c'est un pléonasme)...notamment sur les transports en Ile-de-France. Il y a notamment une page spéciale sur les stations de métro fantôme à Paris où l'on apprend que pas moins de 5 stations ont été construites...mais jamais ouvertes au public. Notamment une station de métro en plein milieu de l'aéroport d'Orly appellé Orly-Sud qui était prévu pour un prolongement de la ligne 7 qui n'est pas allé au-delà de Villejuif. Quand je pense que les voyageurs voulant se rendre à Orly doivent prendre le RER B (et contribuent à la surcharge chronique de cette ligne de RER (encore un pléonasme...)) et changer à Antony pour OrlyVAL alors qu'une liaison directe par métro était prévue...Le ministre des Transports à l'époque de la construction d'Orly avait posé la première pierre de la station, mais elle n'a jamais été inaugurée !
Mais les stations fantômes peuvent être ramenées à la vie : l'une de ces stations, Haxo, située entre la Porte des Lilas et la Place des Fêtes pourrait être enfin utilisée (plus de 70 ans après sa construction !) pour la ligne de métro 15 qui serait en fait la fusion entre les lignes 7bis et 3bis. C'est prévu pour 2013.
Mais les stations fantômes peuvent être ramenées à la vie : l'une de ces stations, Haxo, située entre la Porte des Lilas et la Place des Fêtes pourrait être enfin utilisée (plus de 70 ans après sa construction !) pour la ligne de métro 15 qui serait en fait la fusion entre les lignes 7bis et 3bis. C'est prévu pour 2013.
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