mardi 18 mars 2008

Miroir déformant


Une intéressante initiative de l'Observatoire des Médias et de Rue89.com qui publient les cartes subjectives des pays du monde selon la fréquence des articles qui les traitent dans les journaux.
Voici la carte pour les journaux français. Plus c'est rouge, plus c'est gros, plus il y a d'articles. Outre l'évidente hypertrophie de la France, on voit que l'Afrique se résume à l'Algérie, au Maroc et à l'Afrique du Sud; que l'Amérique du Sud se résumé au Brésil et que la Colombie doit sans doute sa teinte orange pâle à cette pauvre Ingrid Bétancourt. L'ex-bloc de l'Est est un no-article land sauf peut-être la Pologne. La carte serait encore bien pire si on regardait les journaux télévisés : l'étranger se résume à Israël (et ses annexes palestiniennes), la Chine, les USA, la Russie, l'Allemagne et l'Angleterre sans oublier l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan. Même des pays pourtant peuplés et intéressants comme le Japon ou l'Inde sont très mal couverts à la télé.
Mais à part ça vous saurez tout sur la dernier micro-remaniement du staff de Nicolas S...

vendredi 14 mars 2008

Lord of the parody

Une brillantissime parodie des bonus que l'on peut trouver dans les DVD ou que serait-il arriver si "Lord of the rings" avait été tourné par Georges Lucas, le créateur de "Star wars". C'est assez critique sur une certaine manière d'aborder le cinéma qui montre bien la limite du système Star Wars.
Une autre parodie, cette fois-ci du conseil d'Elrond avec un Anneau Unique qui finit par être utilisé pour faire un piercing, je vous laisse imaginer où...C'est vraiment très drôle et c'est un superbe montage entre les images du film et des images "additionnelles".
Ensuite notons également un montage d'un remix "musical" sur la phrase culte de "Pirates des Caraïbes 2" : "I have a jar of dirt".
Enfin le Harry Potter rap.

vendredi 7 mars 2008

Le tambour

Je viens de terminer "Le tambour", un très bon livre de Gunter Grass. C'est l'histoire d'une personne internée dans un asile, Oskar, et qui raconte sa vie dans l'Allemagne et la Pologne aux destins tumultueux des années 30 et 40. Oskar raconte qu'il a décidé de ne pas grandir (c'est un nain) et de passer sa vie à jouer du tambour. Il est aussi doué d'un don qu'on qualifiera de castafioresque: celui de briser du verre par ses cris. La part de folie et de réalisme qui anime son récit sont complètement indiscernables, ce qui donne au texte un aspect totalement unique. Le genre du livre est d'ailleurs le "réalisme magique". Grass utilise aussi un procédé assez déroutant puisqu'il alterne souvent les phrases à la première et à la troisième personne, comme pour mieux montrer la schizophrénie du personnage. Le texte est très dense, avec une dizaine de bonnes idées narratives par page et un style qui évite soigneusement toute phrase simple et linéairement construite. Ca peut fatiguer à la longue et le livre aurait gagné à être 10% plus court. Mais les aventures d'Oskar et de sa famille valent le détour : notamment la scène où il attend un miracle en espérant que la statue de Jésus dans une église joue de son tambour, ou encore toute la description d'une situation familiale peu ordinaire où le mari de la mère d'Oskar (qui n'est pas son père) devient le père présumé du fils d'Oskar (relisez-le lentement...), ou l'observation nocturne de la réaction des passants lorsqu'il crée par sa voix des ouvertures dans les vitrines des bijouteries, ou encore une scène de pêche aux anguilles avec un tête de cheval comme appât.

mercredi 27 février 2008

L'attaque des éponges carnivores


Ce n'est pas le titre d'un nouveau film d'horreur mais une découverte scientifique intéressante. Les Eponges ou Spongiaires sont des animaux à structure peu "élaboré" formé de deux couches de cellules organisées en une structure totalement asymétrique et remplie de pores qui permettent de faire circuler l'eau à travers l'animal. Les éponges (sauf notre cas) sont de pacifiques filtreurs qui mettent en mouvement l'eau dans les pores grâce à des cellules particulières appellés choanocytes qui agitent leur flagelle (un peu comme un spermatozoïde mais immobile). Les particules alimentaires (plancton, petites algues, déchets des poissons...) sont phagocytés (mangés) par les cellules.
Mais l'espèce découverte récemment (Asbestopluma hypogea, auteurs : Vacelet et Duport, publication en 2004) dans une grotte sous-marine méditerranéenne est toute différente. D'abord la structure évoque plutot un Cnidaire (un autre groupe d'animaux "simples" qui comprend les hydres d'eau douce, les méduses, les coraux...). Mais c'est bien un spongiaire. Ensuite son mode d'alimentation : il capture ses proies grâce à des filaments recouverts de spicules recourbés. Puis les cellules du reste du corps migrent vers la proie ainsi fixée pour la digérer. C'est un peu comme si vous allongiez le bras sur votre steack et que vos différentes cellules viennent tour à tour se servir un petit morceau en se déplaçant le long du bras !
Une digestion extracellulaire semble avoir lieu (ce qui est exceptionnel pour un Spongiaire où habituellement chaque cellule digère "pour soi" dans ses vacuoles de digestion après phagocytose). L'éponge semble aussi s'aider de la décomposition de la proie induite par des bactéries. Le tout peut prendre 8 à 10 jours pour les grosses proies.
Précisons que votre éponge de bain est tout à fait inoffensive...

dimanche 24 février 2008

Taratata

Je signale que des dizaines de vidéos de chansons extraites de l'excellente émission "Taratata" sont disponibles sur ce lien.
Par exemple, on peut y trouver ce pur moment de grâce, "The bridge over troubled water" de Simon-Garfunkel chanté par Noa et Maurane ou "Brought to my senses" qui est une des meilleurs chansons (peu connue pourtant) de Sting ou un medley de Véronique Sanson qui est sympa même si elle chante faux de tant à autre. Pour trouver les vidéos il suffit de taper dans le moteur de recherche en haut de la page du site Taratata.

jeudi 14 février 2008

Il va y avoir du "Spore"

On est très impatient de la sortie prochaine d'un nouveau jeu vidéo, conçu par le créateur des
Sims, appellé "Spore" dont un des aspects s'inspire TRES LIBREMENT de
l'Evolution. Il s'agit de faire évoluer des êtres vivants du microbe à des êtres intelligents capables de coloniser une autre planète (la fin du jeu ressemblera sans doute à "Civilization").
Comme on peut le constater sur cette vidéo de démonstration :

http://video.google.com/videoplay?docid=-394434397798392775&q=spore

le concept de base pour l'évolution des "créatures" sera le suivant : la créature doit manger (des créatures d'espèces différentes) et gagner des points ADN. Elle ne doit pas se faire manger. Elle
doit "séduire" une autre créature de la même espèce, et
se reproduire avec elle. On retrouve "manger, ne pas se faire manger, se reproduire" : les bases de la vie ! Une fois la reproduction effectuée, la créature doit protéger ses oeufs.
Pendant ce temps, vous faites évoluer les embryons dans les oeufs à l'aide des
points ADN engrangés au cours de la précédente génération. Plus il y a de
points ADN, plus vous pouvez modifier des paramètres et des formes de la
génération suivante, histoire de lui donner plus de chances de survie et de
reproduction. Les oeufs éclosent et le jeu repart pour une nouvelle
génération. Pendant ce temps, l'ordinateur a fait évoluer les autres créatures
de l'écosystème selon le même principe (ou les autres joueurs l'ont fait en
mode multijoueur). L'ordinateur peut aussi insidieusement modifier
l'environnement dans lequel évolue les créatures, modélisant des changements
des paramètres abiotiques (climat, niveau des mers, etc..).
Vivement Septembre !!

mercredi 13 février 2008

Du pet de mouche

Une jolie étude dans le dernier Science sur le contrôle de la flore intestinale...de la mouche (mais pas n'importe quelle mouche, la célèbre Drosophile !). Alors évidemment ça fait sourire, mais si on avait à l'étudier chez l'humain (ou la souris) avec plus de 100 milliards de bactéries (chez l'homme) appartenant à plus de 500 groupes différents, ça serait beaucoup plus compliqué. En effet, la Drosophile ne possède des bactéries que de 25 groupes différents avec juste quelques espèces dominantes dans cet "écosystème" et bien sûr on a accès à tous les outils génétiques rapides développés pour ce modèle.
Les invertébrés comme la Droso possèdent une immunité en grande partie fondée sur la production de peptides anti-microbiens. Pour la flore intestinale, c'est les cellules intestinales qui produisent le cas échéant ces peptides. Or lorsqu'aucune bactérie pathogène n'est présente dans l'intestin il n'y a pas de production de ces peptides. La flore intestinale est auto-contrôlée (les bactéries d'une espèce inhibant la croissance d'une autre espèce) et les cellules intestinales produisent de faibles quantités de dérivés toxiques de l'oxygène qui évite tout "débordement". Mais pas de peptides anti-microbiens. La production de ces peptides est sous le contrôle d'une voie de signalisation Toll (qui est homologue à la voie NF-kB qu'on retrouve dans le système immunitaire des Mammifères). Or cette voie est activée ! Les chercheurs ont découvert que c'est la protéine Caudal qui empêche la voie de signalisation Toll d'activer la production de peptides anti-microbiens. Quand on bloque artificiellement la production de Caudal, les peptides sont produits et toute la flore intestinale est bouleversée (les bactéries les plus sensibles meurent d'abord ce qui déséquilibre toute la population) et cela aboutit à la mort de l'hôte Drosophile. Heureusement que chez nous, la flore intestinale est régulée de façon plus fine car nous aussi on peut tuer certaines membres de la flore intestinale lorsqu'on prend des antibiotiques (sinon les antibiotiques tueraient le malade...).
Point intéressant : la protéine Caudal tout comme Toll sont des vieilles connaissances en embryologie; Caudal est important pour la mise en place de l'axe antéro-postérieur de la Droso et la signalisation Toll pour son axe dorso-ventral. Encore un exemple du grand bricolage évolutif où les protéines contrôlant les axes de polarité embryonnaires sont réutilisés chez la larve et l'adulte, ici pour des fonctions immunitaires.

mardi 5 février 2008

Le barbier de service


Il était évident que j'irai voir "Sweeney Todd" au cinéma. Un Tim Burton avec un Johnny Depp dans le rôle du barbier "démoniaque "qui vous rase de très près, ça ne se refuse pas d'autant plus que se joint à la fête une bonne partie du casting d'Harry Potter à savoir Snape (Rogue) himself (Alan Rickman, fabuleusissime as always), Peter Pettigrew et Bellatrix Lestrange (Helene Carter Bonham qui recycle les victimes de son voisin en tourte à la viande).
Comme toujours macabre et humour noir sont au rendez-vous avec une efficacité maximale de mise en scène. Les mélodies de Danny Elfman sont remplacées par celles de la comédie musicale dont le film est tiré et les chansons se mêlent parfaitement au reste (et Depp a visiblement pris des bons cours de chant, peut-être avec sa Vanessa Paradis de femme). C'est très sanglant mais on survit (!); je pense que la notion de pression artérielle carotidienne est désormais une notion bien comprise du grand public...Et moi, je suis très content de mon rasoir électrique.

dimanche 3 février 2008

Rhétorique créationiste

Un peu facile mais tellement vrai....

mardi 22 janvier 2008

"Six pieds sous terre" vole très haut


Nouvelle série culte : Six feet under. Il fallait oser une série sur une famille qui tient une petite entreprise dans les pompes funèbres et qui organise des enterrements. Chaque épisode commence par la mort d'une personne (dans les circonstances les plus "banales" ou les plus innatendues). Ensuite reprend l'histoire mouvementée de cette petite famille mais le mort de l'épisode va leur apprendre quelque chose, soit par le témoignage de ses proches sur sa vie lors de la préparation de l'enterrement, soit...directement. En effet, il n'est pas rare que les personnages (vivants) parlent aux morts...et inversement. Le père de famille qui est décédé dans le premier épisode revient d'ailleurs assez régulièrement guider ou se moquer de ses fils. Autres petites séquences intéressantes quand on entre dans l'imaginaire des personnages (vivants ou morts, vous aurez compris que la frontière est ténue...) et qu'on voit ce qu'ils pensent ou ce qu'ils craignent ou ce qu'ils espèrent. Le tout sans transitions avec le réel. Ca donne des scènes assez étonnantes.
La série a été initiée par Alan Ball, le scénariste d'American Beauty qui est fermement accroché à mon Top10 des films préférés. Les dialogues sont brillantissimes, comme dans Oz mais en plus subtil. Les personnages sont (évidemment) attachants et surtout superbement joués.
Voir par exemple l'une des meilleures scènes de ménage filmée
ou cette "touchante" scène mère/fille
ou encore le personnage principal visiblement sous l'empire d'une substance euphorisante dans une scène culte de la deuxième saison.

dimanche 20 janvier 2008

Miroir, mon beau neurone-miroir...

Dans le dernier Nature de cette semaine, une étude sur les neurones miroirs. Ces neurones d'une région du cerveau appellé cortex "pré-moteur" qui prépare en quelque sorte nos actions motrices ont un comportement assez fascinant. Ils sont activés à la fois lorsqu'on exécute une action et lorsqu'on observe un autre individu (de la même espèce ou d'une espèce proche (singe-homme ça marche)) faire la même action. Ces neurones auraient un rôle dans l'apprentissage par imitation, qui est massivement utilisé par les bébés pour progresser. En gros, ils serviraient d'une sorte de miroir interne qui compare ce qui a été vu chez les autres avec ce que l'on souhaite exécuter.
Ils seraient aussi impliqués dans l'empathie c'est-à-dire dans le fait que l'on se met à la place d'une personne qui souffre ou qui a une certaine émotion (pleur, rire, dégout...). Les autistes (et certains psychopathes) auraient des défauts de fonctionnement des circuits neuronaux impliquant les neurones miroirs.
Les auteurs de l'article de Nature ont isolé une classe de neurones miroirs activés chez les oiseaux lorsqu'ils entendent un chant et qu'ils chantent ou essaient de chanter ce même chant. Leurs rôles seraient d'aider au système d'essai-erreur qui permet à un oiseau d'apprendre le chant caractéristique de son espèce ou même plus finement du chant caractéristique de son "état émotionnel" (alerte, sélection partenaire sexuel..etc...) lorsqu'une espèce possède un répertoire diversifié de chant.
Moi qui ai d'assez bonnes capacités à retenir et à restituer très vite une mélodie, je dois avoir des neurones miroirs performants !

vendredi 11 janvier 2008

Vénérons le spaghetti géant !


Une initiative très intelligente de chercheurs en physique américains qui ont inventé une nouvelle "religion" : la religion du spaghetti monstrueux volant.
Les adeptes de cette nouvelle religion sont les Pastafarianistes.
Cette nouvelle religion a été fondée pour faire face au développement aux USA de la théorie de l'Intelligent Design qui veut que les espèces vivantes aient été dessinées par Dieu ou qu'il a orienté l'évolution de telle manière qu'on arrive à la situation aujourd'hui : l'homme et des espèces animales et végétales (pour le servir bien sur). Les partisans de l'intelligent design ont souhaité que leurs théories soient présentées à égalité et en même temps que les théories scientifiques darwiniennes sur le sujet dans les classes (les enfants croient toujours plus facilement au Père Noël, non ?).
L'idée des Pastafarianistes n'est pas tant de fustiger la religion que de la combattre lorsqu'elle se prend pour de la science. Il ne faut pas confondre croyance et preuve. Or il n'y a pas plus de preuves en faveur des mythes et dogmes classiques des religions et de l'intelligent design que de preuves que l'homme a été crée par une entité à la forme de spaghetti géant et monstrueux. On touche du doigt une chose essentielle à comprendre au sujet des religions : on peut parfaitement dire n'importe quoi, tant qu'il y a des gens pour y croire...Le principe de réalité n'est pas un principe pertinent en matière de religion.
Autre élément apporté par les Pastafarianistes : la croyance que le réchauffement climatique est causé par la baisse du nombre de pirates à partir des années 1800s. C'est dans le but de montrer en fait par l'absurde qu'une corrélation n'indique pas forcément une relation de cause à effet. C'est une notion qui est à la base de la pratique scientifique de tous les jours et une notion de logique élémentaire mais qui est une notion qui a beaucoup de mal à passer chez certains, qui établissent des connexions magiques entre deux évènements parfaitement indépendants.

mardi 8 janvier 2008

Trop de plancton tue le plancton

Intéressant article dans Libé de ce matin sur la société Planktos qui cherche à, je cite, "sauver le monde tout en faisant un peu d'argent". Cette société se donne pour but de fertiliser les océans avec du fer de telle manière à doper le développement du plancton marin. Le développement du plancton marin est freiné par des facteurs limitants dont la carence en fer (en ions issus de l'atome de fer pour être plus précis) est la plus importante. Or une partie du plancton (le phytoplancton) absorbe du CO2 lors de son développement par photosynthèse. D'où l'idée simple, de faire pousser le plancton qui absorbera notre CO2 en trop en ajoutant du fer dans les océans et youpi, la vie est belle...Des essais scientifiques de ce genre de fertilisation ont déja été faits et ont donné des résultats satisfaisants dans certaines cas (d'où l'expression d'un océanographe : "Donnez-moi un demi-tank de fer et je vous crée un age glaciaire" (beaucoup de CO2 absorbé donc moins d'effet de serre)). Mais les conséquences de manipulations de bio-géo-ingénierie à grande échelle ne sont pas connues. D'ailleurs le stockage de CO2 pourrait s'avérer de courtes durées puisque le surplus de plancton finirait par être dégradé par des bactéries qui rejettent du CO2. La forme de distribution de fer pose problème et ne correspond pas aux formes du fer apporté naturellement (venant du fond des océans ou des particules érodés du continent portées par le vent). Enfin, le ratio fer mis/CO2 avalé est bien trop optimiste dans les prévisions de notre société-Superman qui compte gagner de l'argent en revendant le CO2 englouti (ou plutot les estimations de CO2 engloutis car tout cela est difficilement mesurable...) sur le marché international du carbone.
En plus, les conséquences écologiques sont difficilement estimables à l'heure actuelle. La prolifération du plancton butera forcément assez vite sur un autre facteur limitant. Ensuite, tout la chaine alimentaire sera perturbée. Enfin, certaines espèces planctoniques produisent des toxines néfastes pour l'homme comme on en a déja parlé ici.
Donc Planktos est prié d'aller sauver le monde ailleurs...

vendredi 4 janvier 2008

Le premier rallye Paris-...Paris

Et commençons l'année par une excellente nouvelle. Le rallye Paris-Dakar est annulé ! Certes, pour des raisons peu réjouissantes (menaces terroristes notamment en Mauritanie). Mais cela fait longtemps que ce genre de rallye aurait du être éliminé de même que les rallyes plus "locaux" sur des circuits et bien sur les courses de Formule 1. Quand on imagine la quantité de CO2 et de pollution que ces activités génèrent parfaitement "inutilement" !! Certes, cela ne doit être qu'une petite fraction de ce qui est produit par la circulation automobile mondiale mais c'est toujours ça de gagner et bien sur cette suppression aurait une dimension symbolique forte. Le temps où les "transports" étaient un divertissement sans conséquence est terminé (cela dit, si j'étais cohérent on devrait aussi supprimer tous les petits trains touristiques à vapeur, mais bon ça reste des trains, qui polluent beaucoup moins par "tête" transportée que les bagnoles...).
Ce genre de course ne sert qu'à s'enrichir pour certains et je ne suis pas sûr que les nouveautés technologiques développées pour les voitures et les motos à l'occasion de ces courses ne puissent pas être faites à d'autres occasions et ne servent souvent qu'à gagner de la vitesse, ce qui est évidemment parfaitement inutile sur route.
On peut d'ailleurs aussi se demander si il reste une dimension humaine au sport automobile tant la technologie semble désormais prépondérante, surtout en Formule 1. Et cela, à l'heure où même dans les sports classiques, la biotechnologie semble dominer...

samedi 22 décembre 2007

La Bible du Diable


Une jolie histoire découverte par hasard grâce à la fonction "Pages au hasard" de Wikipédia. Il s'agit de la "Bible du diable" ou Codex gigas, un livre manuscrit médiéval tchèque de 75 kg, mesurant presque 1 mètre de hauteur. Le parchemin est fait à partir de peaux de 160 veaux environ. Il contient 624 pages, il manque 8 pages mystérieusement arrachées. C'est l'un des plus grands livres du monde et sans équivalent dans le monde médiéval. Il a été réalisé vers 1229 dans un monastère bénédictin tchèque de Podlazice près de Chrast et Chrudim à quelques kilomètres au nord du village (Holosiny) où j'avais l'habitude de passer mes vacances d'été. La similitude parfaite des lettres d'un bout à l'autre du livre indique que c'est une même personne qui a sans doute tout rédiger (ce qui a demandé 12 ans de travail d'après diverses estimations). La légende veut qu'un moine ait écrit ce livre en une seule nuit avec l'aide du Diable fièrement dessiné à la page 290 et qui est vraiment sympa (cf. photo). Les textes sont des copies de divers traités dont les fameuses Chroniques de Bohême de Cosmas.
Le livre a subi une histoire mouvementée. Il a été donné à des moines de Sedlec près de Kutna Hora puis au Monastère de Brevnov près de Prague. Les raids hussites du début du XVème siècle ont détruit son monastère d'origine et le monastère de Brevnov a été pillé mais les moines réussirent à sauver le livre et à la cacher dans un monastère fortifié à Broumov. Il réapparait dans les collections de l'Empereur Rudolf II à Prague. Mais durant la guerre de Trente Ans, les forces suédoises assiègent et pillent Prague en 1648 et mettent la main sur le manuscrit et l'emporte en Suède où il est actuellement. Ca serait bien que les Suédois le rendent aux Tchèques, maintenant qu'ils sont devenus plus civilisés.

vendredi 21 décembre 2007

Un premier cadeau pour Noël

Ouf ! La raison l'a emporté et c'est bien Peter jackson qui réalisera Bilbo Le Hobbit, la pré-quel du Seigneur des Anneaux. Voir ce communiqué. Il y avait à peu près un an, je me lamentais ici qu'une vilaine querelle juridique empêche cette réalisation.
La surprise vient du fait qu'il y a deux films de prévu. J'avoue ma perplexité car le livre me semble pas suffisamment épais pour faire deux films... A suivre.

dimanche 9 décembre 2007

Une boussole presque correcte


Je viens de voir l'adaptation au cinéma du premier épisode des "Royaumes du Nord", "La boussole d'or" d'après la magnifique histoire de Philip Pullman. L'impression est mitigée. D'un coté, les effets spéciaux sont OK, les décors et notamment les batiments superbes, le casting est très bon avec une Nicole Kidman acide à souhait en Mrs Coulter, une Lyra extraordinaire jouée par la jeune Dakota Blue Richards, la voix de mon cher Ian McKellen pour l'ours Iorek et même une apparition éclair de Christopher Lee qui décidément aura tout fait, du Seigneur des Anneaux, à Star Wars en passant par les derniers Tim Burton (il ne manque plus que de lui trouver une place dans un des derniers Harry Potter et les prochaines Chroniques de Narnia...). Le principal défaut est que ça va beaucoup trop vite, on zappe d'une scène à une autre et l'histoire aurait mérité un développement plus important et que l'on se pose de temps en temps. Pourtant, le film ne fait que deux heures et donc on aurait bien pris une vingtaine de minutes de plus sans problème et sans activer le fameux "bladder effect" (l'effet vessie). J'ai détesté les premières secondes du film où presque toute l'explication de la trilogie est dévoilée (on explique la "Poussière", le passage entre les mondes alors que cela aurait mériter de rester mystérieux).
Le film est critiqué par des groupes religieux pour promouvoir l'athéisme. Effectivement, c'est un de ses intérêts majeurs, surtout comparé au pro-christianisme dégoulinant et béat des "Chroniques de Narnia". Le combat de Lord Asriel ressemble d'ailleurs à celui de Giordano Bruno, brûlé vif en 1600 par l'Eglise car il pensait qu'il existe un univers infini peuplé de multiples mondes analogues au nôtre.

mardi 4 décembre 2007

La mémoire visuelle du singe

Une expérience au résultat complètement étonnant publié dans le dernier Current Biology et relaté par Le Monde. Les chimpanzés ont clairement une meilleure mémoire visuelle que les humains. Les chercheurs japonais ont appris aux chimpanzés à reconnaitre les chiffres et leur ordre croissant (ce qui déja nécessite de bonnes capacités d'abstraction; un enfant humain de 2 ans n'en est pas (encore) capable). Puis ils ont joué à une forme moderne de "Memory". Cinq ou six chiffres apparaissent dispersés dans le désordre sur un écran. Ces chiffres sont rapidement (en moins d'une seconde) recouverts par des carrés blancs et il faut toucher ces carrés dans l'ordre croissant des chiffres qu'ils masquent. Et bien les chimpanzés ont été bien plus doués à ce petit jeu que des étudiants. La vidéo disponible ici est d'ailleurs assez bluffante. J'ai été incapable de mémoriser quoi que ce soit alors que le chimpanzé n'a visiblement pas de problème. Pour vérifier j'ai du faire arrêt sur image quand les chiffres apparaissent et le chimpanzé ne se trompe qu'une seule fois sur toute la série.
Bref, encore une leçon de modestie pour notre espèce.

vendredi 30 novembre 2007

La dérive des (in)continents

Pour fêter le 100ème message de ce blog, voici une grande nouvelle : un nouveau continent est en train d'apparaitre dans le Pacifique Nord ! Un continent digne de notre époque, le Poubellifère.
Voir ce lien et aussi celui-ci.

mercredi 28 novembre 2007

L'histoire du sous-marin de Troie


Je viens de revoir "Troie" en DVD et je me rends compte que le film a été réalisé par Wolfgang Petersen, qui est un réalisateur allemand passé à Hollywood. J'ai vu trois films de lui et on a du mal à imaginer que l'on a affaire à la même personne. D'abord, étant petit, j'ai vu de lui "L'Histoire sans fin", qui a été à la base de tout mon intérêt pour les films et les récits fantastiques. J'avais visité au cours d'un voyage en Allemagne (échange avec une correspondante allemande) les studios à Munich (Bavaria Studios) et c'était bien encore l'époque des effets spéciaux sans effets numériques (à part le fameux écran bleu qui peut d'ailleurs devenir vert si il y a un élement bleu dans les personnages) où il fallait des trésors d'imagination pour faire tout fonctionner et pas seulement "chauffer du silicium" sur l'équivalent animation de Photoshop. Entre parenthèses, signalons que les suites de ce film, le II et surtout le III (non réalisés par Petersen) sont des navets purs et simples, tellement mauvais que cela devient un divertissement à part entière de lire les commentaires assassins des spectateurs sur imdb.
Le deuxième film est "Das Boot" que j'ai emprunté à la biblio-vidéothèque de ma ville (qui n'a pas (encore) brulée). J'ai pris la version longue sans faire attention : 5 heures à suivre des nazis enfermés dans les quelques mètres carrés d'un sous-marin, une galère ? Et bien non, je ne me suis pas ennuyé un seul instant. C'est vraiment un film formidable, très éclairant sur la nature humaine. Et enfin "Troie" superproduction qui est tout le contraire du minimaliste "Das Boot", à la fois par l'aspect grandiose, la beauté des corps (Brad Pitt et Orlando Bloom nus ou en jupette pendant 2 heures, mesdames...), et la mécanique parfaitement prévisible (oui, je sais, on connait tous l'histoire, évidemment ça gache le suspens...). Il y a quand même quelques belles scènes notamment celle où Priam (Peter O'Toole) demande le corps d'Hector à Achille (Brad Pitt) - "I loved this boy from the moment he opened his eyes to the moment you close them" - ou quand Paris (Orlando Bloom) insiste pour qu'on brule ce cheval géant ridicule abandonné sur la plage face à Troie.
Bref, un réalisateur vraiment versatile qui sert le sujet qu'il doit traiter, sans vraiment laisser de touches personnelles. Finalement, le Spielberg de "Indiana Jones" à "La liste de Schindler" est un peu pareil même si sa personnalité semble plus marquée. Petersen s'oppose aux Tim Burton/Woody Allen/Jean-Pierre Jeunet dont on reconnait le style dès la première minute de film.